Saida Charafeddine
07 Mars 2016•Mise à jour: 07 Mars 2016
AA/Gaza/Mohamed Majed
«Je n’oublierai jamais ce moment où nous étions à la merci des avions israéliens, le souvenir me hante jour et nuit, surtout que maintenant je travaille sur la plage comme serveur dans un café. La nuit aussi mes cauchemars n’en finissent pas», raconte Hamada Bikr, bientôt 16 ans.
Le 16 juillet 2014, Hamada était en train de jouer au football sur la plage de Gaza avec six de ses cousins, tous de la famille Bikr, quand la plage a explosé et s’est embrasée dans un fracas énorme. Des avions israéliens venaient de bombarder juste l’endroit où les sept enfants couraient et rigolaient. Quatre ont été tués sur le coup et les autres blessés.
«Dans mes rêves, je revoie mes cousins qui ont été tués ce jour là, je revoie des avions et des bateaux israéliens nous viser et j’entend surtout toujours ces déflagrations qui m’empêchent de dormir».
«Ce jour-là Ismaïl était venu me chercher chez moi et m’avait proposé de venir jouer au foot près du port en me disant ‘je m’ennuie et là-bas il n’y a pas de bombardements on peut faire un match tranquilles’», se souvient encore Hamada en poursuivant : «Nous étions sept à taper dans le ballon, à un certain moment celui-ci a roulé loin du côté des cabanes des pêcheurs, je suis parti le chercher et là, la plage a été pris par une énorme secousse, je me suis retourner pour voir les autres. Ils étaient en train de courir dans une fumée épaisse».
« J’ai crié fort, alors qu’ils couraient, le ciel pleuvait de projectiles qui venaient de la mer aussi», ajoute Hamada qui se souvient seulement, qu’après il s’est trouvé dans une ambulance.
«Tout est parti avec mes cousins, la joie, le jeu, le rire et même les querelles…la vie est terminée avec leur mort. C’est Israël qui les a tués !»
Le bilan de la dernière guerre israélienne contre Gaza, qui avait commencé le 7 juillet 2014 et duré 51 jours, a été de 2174 morts parmi les Palestiniens dont 530 enfants, et de 10 870 blessés dont plus de 3000 enfants, selon un rapport de l’observatoire euro-méditerranéen des droits de l’Homme (ONG)
145 familles palestiniennes ont perdu trois de ses membres et plus souvent ensemble, au même moment, selon la même source.