Feiza Ben Mohamed
07 Mars 2024•Mise à jour: 08 Mars 2024
AA/Nice/Feïza Ben Mohamed
Le Rassemblement national (RN) est « inquiet des positions d’Emmanuel Macron » concernant la guerre en Ukraine, selon son président, Jordan Bardella.
Reçu en milieu de matinée par le président Macron, au même titre que les autres dirigeants de partis politiques, le président du RN a fait état de ses plus grandes réserves face à la posture adoptée par la France.
« Le détail c’est qu’il n’y a aucune limite et aucune ligne rouge. Je pense que le rôle de la France c’est de fixer des lignes rouges », a-t-il plaidé au cours d’un point presse donné à la sortie de l’Elysée.
Jordan Bardella estime qu’à « partir du moment où on envisage l’hypothèse d’envoyer des militaires français et des soldats de l’armée française, et qu’on fait connaître cette hypothèse à une puissance nucléaire comme la Russie, c’est irresponsable et extrêmement dangereux pour la paix du monde ».
Et de poursuivre : « Je pense que la position française est de porter la voix de la paix et que précisément c’est de porter cette expression de la raison, de l’équidistance et d’une forme d’équilibre dans les positions qui sont celles de l’Europe et de l’OTAN ».
Il assure, par ailleurs, avoir indiqué au président de la République « qu’en plus d’isoler la France par ses positions extrêmement belliqueuses et dangereuses, il divisait les Français et que la campagne électorale n’autorisait pas tout ».
Ces déclarations interviennent alors qu’Emmanuel Macron avait créé la surprise, le 26 février dernier en annonçant, en marge de la conférence internationale sur le soutien à l’Ukraine, que l’envoi de militaires occidentaux ne pouvait « être exclu », invoquant une « ambiguïté stratégique ».
« Nous lançons le débat et réfléchissons à tout ce qu’il est possible de faire pour soutenir l’Ukraine (…). J’ai toujours été clair sur le cadre qui était le nôtre, nous ne sommes pas en guerre contre le peuple russe et nous refusons d’entrer dans une logique d’escalade », avait-il assuré avant que les alliés ne se démarquent de cette position.