Ekip
05 Juillet 2021•Mise à jour: 05 Juillet 2021
AA / New Delhi / Shuriah Niazi
Stan Swamy, 84 ans, activiste des droits de l’Homme et prêtre jésuite indien, accusé d'être impliqué dans des incidents violents survenus en 2018, est mort en détention, lundi, alors qu'il attendait une audience de libération sous caution pour des raisons médicales, a indiqué le personnel médical à la Haute Cour de Bombay.
Le père Swamy avait été arrêté à Ranchi, dans le Jharkhand, en octobre dernier en vertu de la loi indienne sur les activités illégales et leur prévention (Unlawful Activities Prevention Act, UAPA), pour ses liens présumés avec des rebelles maoïstes, outre son implication présumée dans les violences entre castes survenues en 2018 et connues sous le nom d'affaire Bhima Koregaon. Le père Swamy a contesté ces allégations.
Swamy, la personne la plus âgée à être inculpée en vertu de cette loi, a ensuite été transféré à Mumbai où un tribunal spécial l'a placé en détention judiciaire. Il a ensuite été incarcéré à la prison de Taloja, près de Mumbai.
Le 28 mai, la Haute Cour de Bombay a ordonné au gouvernement du Maharashtra de transférer Swamy de la prison centrale de Taloja à l'hôpital Holy Family pour y être soigné, après qu'il eut déposé une demande de libération sous caution pour raisons médicales.
La cour a maintenant ordonné aux autorités de procéder à un examen post-mortem, étant décédé en détention, et de lui remettre le rapport d'autopsie.
En plus de souffrir de la maladie de Parkinson, Swamy avait également été testé positif à la Covid-19 pendant son séjour à l'hôpital.
Des dirigeants politiques et des militants sociaux ont rendu hommage à Swamy.
Le leader du Congrès national indien, principal parti d'opposition, Rahul Gandhi, a déclaré sur Twitter : "Condoléances sincères pour le décès du père Stan Swamy. Il méritait la justice et l'humanité".
Mehbooba Mufti, l'ancienne première ministre ("chief minister") du Jammu-et-Cachemire gouverné par l'Inde, a déclaré sur Twitter : "Un gouvernement impitoyable et sans cœur qui l'a privé de sa dignité même de son vivant a du sang sur les mains. Absolument choquée et consternée. Que son âme repose en paix".
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj