Mounir Bennour
04 Janvier 2021•Mise à jour: 05 Janvier 2021
AA / Bagdad
La Commission d'intégrité parlementaire irakienne a estimé le montant de la fuite frauduleuse des capitaux hors du pays à environ 350 billions de dinars (soit 239,7 milliards de dollars américains), un chiffre qui dépasse le budget du pays pendant plus de deux ans.
Un membre de la commission, Taha Al-Difaï, a déclaré à l'agence de presse officielle irakienne INA que les sommes sorties du pays se faisaient essentiellement via de "faux reçus ainsi que de nombreuses commissions payées par certains responsables à des fins d'évasion".
Au cours de l'année dernière, un ancien membre de la commission des finances au Parlement, Rahim al-Darraji, a estimé la valeur des fonds pillés en Irak à environ 450 milliards de dollars.
L'Irak subit un déficit budgétaire de 58 billions de dinars irakiens (43,9 milliards de dollars) pour l'année 2021, soit 38,6 % du budget total qui s'élève à 102 milliards de dollars.
Al-Difaï a fait savoir que "le gouvernement a formé une commission anti-corruption, qui a mené ses fonctions pendant les premiers jours de manière claire et significative, son activité a cependant reculé récemment suite à des pressions politiques, car elle faisait l'objet de toutes sortes d'accusations".
Et d'ajouter : "Les fonds décaissés après 2003 sont estimés à 1 000 billions de dinars (soit 685 milliards de dollars), dépensés dans les budgets ministériels et leurs frais de fonctionnement et d'investissements, ainsi que gaspillage d'énormes sommes d'argent dans des contrats entachés, pour la plupart, par des affaires de corruption."
Il a poursuivi en disant : "Nous n'avons trouvé aucun projet aux contours clairs, achevé à Bagdad ou dans les provinces, la plupart des projets ont été assignés à des entreprises douteuses, et ils ont été réglés avec les pires commissions, ce qui explique tous ces travaux inachevés."
L'Irak souffre d'une crise financière grandissante, en raison de la baisse des prix du pétrole brut en 2020 en dessous de la barre des 20 dollars le baril pendant certains mois, avant de remonter depuis le second semestre de l'année 2020 au-dessus des 40 dollars le baril.
L'Irak est le deuxième producteur de pétrole brut de l'OPEP après l'Arabie saoudite, avec une production moyenne quotidienne de 4,6 millions de barils par jour, dans des conditions normales, en ne tenant pas compte des accords de réduction de production.
*Traduit de l'arabe par Mounir Bennour