Hafawa Rebhi
24 Août 2017•Mise à jour: 24 Août 2017
AA / Yangon
L'ancien secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a demandé au gouvernement du Myanmar de ne pas faire usage de «force excessive» dans sa gestion de la crise des Rohingyas et de surveiller l’exercice des forces de sécurité dans la province d'Arakan pour résoudre la crise, selon le journal singapourien "Channel NewsAsia".
Les recommandations d’Annan ont été présentées lors d'une conférence de presse tenue jeudi pour dévoiler le rapport final de la mission d'enquête de la Commission consultative sur les violations contre les musulmans Rohingya, intitulé «Vers un avenir pacifique, juste et prospère pour le peuple Rakhine».
« Le gouvernement du Myanmar devrait reconsidérer le lien entre la citoyenneté et l'appartenance ethnique », a déclaré Annan, qui dirige la commission nommée, l’année dernière, par la conseillère de l'État du Myanmar Aung San Suu Kyi.
Les musulmans dans la région de Rakhine sont privés de nationalité et subissent une discrimination sévère. Pour Annan, leur situation reflète « une grave crise des droits de l'homme».
« Il n'y a plus de temps à perdre, la situation de Rakhine est devenue plus périlleuse », a mis en garde l’ancien responsable onusien.
Selon la commission d'enquête composée de neuf membres, dont 3 étrangers, «10% des habitants de Myanmar sont des apatrides et les musulmans Rohingya sont le plus grand groupe d'apatrides au monde».
Au cours des cinq dernières années, quelque 120 mille musulmans Rohingya ont été détenus dans des camps de déplacements. Leur liberté de circulation et leurs droits d’accès aux services de base tels que les soins de santé et l'éducation, ont été sévèrement restreints, selon le journal singapourien.
En vertu d'une loi adoptée par le Myanmar en 1982, environ un million de musulmans Rohingya se sont vu refuser la citoyenneté et ont été soumis à une série de massacres et de déplacements, pour devenir une minorité persécutée par une majorité du bouddhiste et des gouvernements biaisés.
Le gouvernement considère les musulmans Rohingya comme des immigrants clandestins du Bangladesh, alors que les Nations Unies les classent comme «la minorité religieuse la plus persécutée au monde».
Une campagne de répression lancée par les autorités birmanes en octobre 2016 à Maungdaw, dans la province d'Arakan, où les musulmans Rohingya sont majoritaires, a été dénoncée dans un rapport de l'Organisation des Nations Unies.
Évoquant des crimes contre l’humanité, l’ONU a documenté des actes de viol et d'assassinats de masse impliquant des enfants, des arrestations sommaires, des pratiques de brutalité, des pillages et des disparitions forcées. Des représentants des Rohingya affirment que 400 personnes ont été tuées pendant l'opération.