Serap Dogansoy
12 Juin 2026•Mise à jour: 12 Juin 2026
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Les membres de l’Organisation internationale du travail (OIT) ont adopté ce vendredi le premier traité international destiné à protéger les travailleurs des plateformes numériques, une catégorie en forte expansion qui regroupe notamment les chauffeurs de VTC, livreurs et prestataires exerçant via des applications ou plateformes en ligne.
Adoptée lors de la conférence annuelle de l’agence onusienne, la convention s’appliquera à l’ensemble des travailleurs de l’économie des plateformes, indépendamment de leur statut juridique, salarié ou indépendant.
Le texte demande aux États de garantir les droits fondamentaux au travail, notamment la liberté syndicale, le droit à la négociation collective, l’interdiction du travail forcé et du travail des enfants. Il prévoit également des mesures en matière de santé et sécurité au travail, de protection contre les violences et le harcèlement, ainsi qu’un accès à la protection sociale.
Garanties sur la rémunération
La convention impose aussi des garanties concernant la rémunération, notamment le versement intégral et dans les délais des paiements, le respect du salaire minimum lorsqu’il existe, la prise en charge de certains frais professionnels et la transparence des retenues opérées par les plateformes.
Le texte entrera en vigueur douze mois après sa ratification par deux États membres de l’OIT, puis s’appliquera dans chaque pays un an après l’enregistrement de sa propre ratification.
Un secteur en forte croissance
Selon la Banque mondiale, jusqu’à 435 millions de personnes travaillaient pour des plateformes numériques dans le monde en 2023.
L’OIT souligne que ce modèle a créé de nouvelles opportunités d’emploi et de revenus, mais que les conditions de travail restent souvent déterminées unilatéralement par les plateformes à travers des contrats de service et des systèmes algorithmiques qui attribuent les tâches, évaluent les performances ou influencent la rémunération.
Plusieurs organisations syndicales et de défense des droits humains estiment que ce modèle permet, dans de nombreux pays, de contourner certaines protections du droit du travail en classant les travailleurs comme prestataires indépendants.
L’adoption de cette convention marque la première tentative d’établir un cadre international commun pour encadrer les droits des travailleurs de l’économie des plateformes.