Hajer Cherni
28 Février 2021•Mise à jour: 28 Février 2021
AA / Athènes
Les autorités grecques ont expulsé, le 18 février, une famille afghane d'un camp de réfugiés sur l'île de Medellin et les ont forcées à retourner dans les eaux territoriales turques, à bord une embarcation pneumatique.
Selon le site officiel de l'organisation non-gouvernementale norvégienne "Aegean Boat Report", des responsables grecs ont chassé une famille afghane de 13 personnes, dont des femmes et des enfants, d'un camp de réfugiés, sous prétexte d'effectuer des tests de dépistage de coronavirus.
La même source a ajouté que les autorités grecques ont forcé la famille à monter à bord d'une embarcation pneumatique et l'ont refoulés vers les eaux territoriales turques.
L'organisation a aussi déclaré que les responsables grecs ont à maintes reprises eu recours à la violence contre la famille et confisqué leur argent et leurs biens.
''Les garde-côtes turcs ont documenté cette scène et ont immédiatement volé à leur secours et les ont ramenées sur la terre ferme'', explique l'ONG.
Et de poursuivre que les autorités turques ont assisté et documenté ce genre de scènes, où la Grèce refoule des embarcations de fortune de réfugiés vers les eaux territoriales turques dans la mer Égée, mais c'est la première fois qu'elles expulsent des réfugiés de leurs camps vers la Turquie.
De son côté, le ministère turc des Affaires étrangères a appelé la Grèce à respecter la loi relative au droit international, les lois de l'Union européenne, les principes des droits de l'homme et l'accord de réadmission conclu entre Ankara et l'Union européenne concernant le traitement des réfugiés.
Le communiqué a affirmé que la Grèce avait forcé, le 18 février, 13 réfugiés afghans dans un camp de l'île de Medellin, dont des femmes et des enfants, à retourner en Turquie, après les avoir chassé du camp sous prétexte d'effectuer des tests de dépistage de coronavirus, en confisquant leur argent et leurs biens.
Le communiqué a également souligné qu'au cours des quatre dernières années, la Grèce a contraint plus de 80 000 demandeurs d'asile à retourner en Turquie.
La même source a, dans ce même contexte, révélé que l'Agence européenne des garde-frontières et des garde-côtes (Frontex) était impliquée dans certaines pratiques illégales et hors-la-loi, que la Grèce a déjà commis contre les réfugiés.
Le ministère des Affaires étrangères a martelé : "La Grèce suit une politique de répression systématique contre les demandeurs d'asile, et nous appelons tous les pays de l'Union européenne à respecter les droits fondamentaux des réfugiés et à les traiter conformément au principe du respect des droits de l'homme".
"Nous appelons le gouvernement grec et toutes les personnes impliquées dans le retour forcé des demandeurs d'asile à respecter le droit international et humanitaire et l'accord sur l'immigration conclu entre Ankara et l'Union européenne le 18 mars 2016", ajoute le communiqué.
*Traduit de l'arabe par Hajer Cherni.