Beyza Binnur Dönmez
03 Juin 2026•Mise à jour: 03 Juin 2026
AA / Genève / Beyza Binnur Donmez
Les électeurs suisses semblent en passe de rejeter une proposition visant à plafonner la population du pays à 10 millions d’habitants d’ici 2050, selon un nouveau sondage publié mercredi par la Société suisse de radiodiffusion et télévision (SSR), à l’approche d’un vote national prévu plus tard ce mois-ci.
Le deuxième sondage réalisé pour la SSR montre que 52 % des personnes interrogées s’opposent à l’initiative « Non à une Suisse à 10 millions », tandis que 45 % la soutiennent et que 3 % restent indécises.
L’opposition à cette proposition a augmenté de cinq points de pourcentage par rapport à la première enquête réalisée début mai.
L’initiative, lancée par le parti de droite Union démocratique du centre (UDC), vise à freiner l’immigration afin d’empêcher la population suisse de dépasser les 10 millions d’habitants. La Suisse compte actuellement environ 9,1 millions de résidents.
Le soutien à la proposition demeure particulièrement fort parmi les électeurs de l’UDC, tandis que les électeurs de gauche y sont majoritairement opposés. Selon le sondage, les électeurs du centre politique sont devenus de plus en plus critiques à l’égard de l’initiative au fil de la campagne.
L’enquête met également en évidence une opposition plus marquée chez les femmes, les personnes hautement diplômées, les habitants des zones urbaines et les Suisses francophones. Les citoyens suisses résidant à l’étranger sont encore plus nombreux à rejeter la proposition : 63 % y sont opposés contre 33 % favorables.
Le politologue Lukas Golder, de l’institut gfs.bern qui a réalisé le sondage, a déclaré à Swissinfo que l’initiative semblait peu susceptible de reproduire le succès de la votation de 2014 contre l’immigration de masse.
Le sondage révèle également un resserrement de l’écart concernant les modifications proposées à la loi sur le service civil, qui visent à durcir les conditions d’accès au service civil afin de garantir les effectifs de l’armée.
Le soutien à un accès plus strict au service civil est tombé à 48 %, tandis que l’opposition a progressé à 46 %, plaçant les deux camps quasiment à égalité à l’approche du scrutin du 14 juin.
*Traduit de l'anglais par Wafae El Baghouani