AA/Rangoun (Myanmar)/ Joshua Carroll
Le gouvernement du Myanmar semble être revenu sur sa décision d’accorder le droit de vote aux musulmans Rohingyas après des manifestations de nationalistes bouddhistes qui considèrent la minorité ethnique et religieuse comme des migrants illégaux, a rapporté jeudi, un média d’Etat.
Un organe de presse gouvernemental a confirmé, jeudi, que les documents de «carte blanche», permettant à des non-citoyens de voter, expireront à la fin du mois de mars.
L’annonce annule une récente décision du Parlement du Myanmar autorisant les détenteurs de la carte à voter lors d’un référendum constitutionnel prévu pour 2015.
Ce revirement intervient peu de temps après la marche de centaines de manifestants, menés par des moines bouddhistes, jusqu’à Rangoun, la capitale commerciale, pour protester contre la décision du Parlement.
Les manifestants ont brandi le drapeau national et des pancartes avec des messages tels que «dans les autres pays, seuls les citoyens peuvent voter».
Les protestations et la décision de retirer les «cartes blanches» sont survenues le même jour où le président du Myanmar, Thein Sein, a approuvé une loi permettant un référendum sur la constitution rédigée par l’armée, en 2008.
Les Nations Unies ont appelé le Myanmar à accorder aux Rohingyas la pleine citoyenneté, mais les nationalistes s’y opposent de manière farouche, en les considérant comme des intrus en provenance du Bangladesh.
Des émeutes contre des musulmans ont entaché le récent processus de réforme du Myanmar.
Environ 280 personnes, en majorité des musulmans, ont été tuées depuis le déclenchement de violences confessionnelles au milieu de l’année 2012.
Des moines bouddhistes extrémistes ont été accusés d’attiser les tensions avec des sermons autour de "la menace de l’Islam par rapport au Bouddhisme".
L’année dernière, Human Rights Watch (HRW) a accusé le gouvernement du Myanmar d’«attiser les tensions communautaires».