Bilal Müftüoğlu
21 Décembre 2016•Mise à jour: 22 Décembre 2016
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Les forces mobilisées par le régime iranien ont été "l'instigateur principal" du martyre d'Alep et les exactions qui l'accompagnent, d'après un rapport du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), s'appuyant sur les informations provenant d'Iran et du Corps des Gardiens de la révolution islamique (Pasdaran), l'organisation paramilitaire iranienne.
Le rapport publié par les opposants iraniens basés à Paris, auquel a eu accès Anadolu, montre les dimensions de "l'ingérence" des forces iraniennes, Pasdaran en particulier, dans l'offensive d'Alep qui a permis au régime de Bachar al-Assad de reprendre la deuxième plus grande ville de Syrie.
Le régime iranien a mobilisé au total près de 25 000 hommes, issus des Pasdaran iraniens et de leurs mercenaires étrangers, dont le Hezbollah libanais, les milices irakiennes, ainsi que les milices afghanes appelées "Fatimiyoun" et pakistanaises appelées "Zeinabiyoun".
Ces forces, placées sous le commandement direct des Pasdaran, notamment de son général Qassem Soleimani, dont la présence à Alep a été démontrée par des photos, "ont imposé les retards et entravé la relocalisation des résidents, y compris en attaquant leurs convois", souligne le CNRI dans son rapport.
"La vérité est qu’Alep est occupée par le Corps des Pasdarans du régime iranien et ses mercenaires. Des exécutions de masse, les entraves à l’évacuation des habitants, dont des femmes et des enfants, et l’attaque du convoi de véhicules sont tous l’œuvre des forces liées au régime des mollahs", observe encore le Conseil, détaillant les opérations des Pasdaran à Alep.
Les forces du régime iranien ont disposé de deux quartiers généraux, au nord de la Syrie, dont la garnison "Bahouth", située à 30 kilomètres au sud-est d'Alep et anciennement utilisée dans le cadre de la production de produits chimiques, de munitions et de missiles pour les armes de destruction massive du régime d'Assad, avance le Conseil.
Ces forces ont également utilisé la garnison de Cheikh Najjar, située dans la zone industrielle du nord-est d'Alep, pour commander spécifiquement l'opération d'Alep, apprend-t-on également de même source.
Le régime iranien a également recruté et payé les miliciens syriens qui ont accompagné les forces dépendant des Pasdaran, soutient le CNRI. Il affirme à cet égard avoir obtenu les noms et les informations de 3390 de ces mercenaires syriens du régime iranien basés dans les villes de Nubl et d’Al-Zahraa. Leur salaire a été directement versé par le directeur de la "Fondation Martyr" du régime iranien à Damas, Seyed Abdullah Nezam, ajoute-t-il.
La publication de ce rapport intervient alors que l'Iran se considère désormais "comme la première puissance de la région", comme affirmait le général Yahya Safavi, haut conseiller du guide suprême Ali Khamenei et ancien chef des Gardiens de la révolution.
Brita Hagi Hassan, président du Conseil de la Ville d'Alep, avait également pointé le rôle crucial des forces iraniennes dans la survie du régime syrien et sa reprise d'Alep, lors d'une conférence organisée à la Maison de la Mutualité à Paris le 26 novembre par le CNRI.
Estimant que 80% des assaillants à Alep sont des forces du régime iranien, Hassan avait soutenu qu'"Aujourd’hui, en Syrie, c’est l’Iran qui administre les villes, alors que l’administration d’Assad s’est effondrée".
Et Hagi Hassan de renchérir: "Aujourd’hui, en Syrie, c’est l’Iran qui administre les villes, alors que l’administration d’Assad s’est effondrée".