Şahin Demir
16 Septembre 2026•Mise à jour: 16 Septembre 2026
Le chef d’état-major de l’armée israélienne, Eyal Zamir, a déclaré mercredi que le désarmement du Hezbollah dans le cadre d’un accord avec Beyrouth « ne pourrait être réalisé » sans une amélioration significative de l’efficacité de l’armée libanaise sur le terrain.
Eyal Zamir s’exprimait lors d’une visite auprès de la 91e division de l’armée, déployée dans le sud du Liban, en compagnie du chef du commandement Nord, le général de division Rafi Milo, du chef de la direction des opérations, le général de division Itzik Cohen, et d’autres commandants, selon un communiqué de l’armée.
Il a ordonné le maintien de la vigilance des troupes et d’un niveau élevé de préparation opérationnelle, au regard des évolutions régionales.
Eyal Zamir a affirmé que l’armée israélienne avait « obtenu de nombreux résultats opérationnels significatifs et affaibli le Hezbollah » au Liban.
Il a indiqué qu’Israël était déterminé à éliminer la présence militaire du Hezbollah dans la zone située au sud du fleuve Litani et à avancer vers le désarmement du mouvement.
« Cet objectif ne peut être atteint dans le cadre d’un accord souhaité avec le gouvernement libanais que si l’armée libanaise améliore considérablement son efficacité sur le terrain », a déclaré Eyal Zamir.
« Nous ne permettrons pas au Hezbollah de reconstituer ses forces, de restaurer ses capacités ni de rétablir ses infrastructures dans la région », a-t-il ajouté.
Ses déclarations interviennent au lendemain des propos du président libanais, Joseph Aoun, qui a affirmé que l’armée de son pays s’acquittait « pleinement de ses missions » dans le sud et rejeté catégoriquement les accusations israéliennes selon lesquelles elle manquerait à ses responsabilités.
Lors d’une rencontre avec le ministre finlandais de la Défense, Antti Hakkanen, Joseph Aoun a déclaré que l’armée libanaise avait étendu son déploiement dans les villages qui ne sont pas sous occupation israélienne ainsi que dans d’autres secteurs du sud du pays. Il a ajouté qu’elle y assurait la sécurité, empêchait les manifestations armées et aidait les habitants à regagner leurs villes et villages.
Le président libanais a affirmé que les accusations israéliennes selon lesquelles l’armée libanaise ne remplissait pas ses missions ne contenaient « absolument aucune vérité ».
Selon lui, les troupes libanaises sécurisent également les frontières orientales et septentrionales du pays, luttent contre le terrorisme et préservent la paix civile, malgré des ressources limitées.
Joseph Aoun a indiqué que le Liban avait demandé à des pays amis, notamment européens, de fournir à son armée les équipements nécessaires à l’accomplissement de ses missions.
La question devrait être abordée jeudi lors d’une conférence organisée à Paris et destinée à soutenir l’armée libanaise et les Forces de sécurité intérieure.
Le Liban et Israël ont signé en juin à Washington un accord-cadre parrainé par les États-Unis, prévoyant un retrait israélien progressif du sud du Liban parallèlement au déploiement de l’armée libanaise.
Israël, qui a lancé sa récente offensive contre le Liban en mars, après les représailles du Hezbollah à la guerre américano-israélienne contre l’Iran, continue d’occuper des secteurs du sud du Liban, notamment des positions qu’il contrôle depuis plusieurs décennies ainsi que d’autres saisies au cours de ses opérations militaires de ces dernières années.
* Traduit de l'anglais par Serap Dogansoy