Mona Saanouni
24 Mai 2018•Mise à jour: 25 Mai 2018
AA/Ankara/Dildar Baykan
Des organisations de droits de l'Homme ont appelé le gouvernement du Myanmar à fournir les données nécessaires au Comité de l'ONU sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, concernant les viols de femmes dans l'Etat d'Arakan (ouest du Myanmar).
Les organisations Human Rights Watch et Fortify Rights ont indiqué, jeudi, dans un communiqué commun, qu'elles ont demandé au gouvernement du Myanmar en novembre 2017 de préparer des rapports sur la situation des femmes au Myanmar jusqu'au 28 mai courant.
Le communiqué souligne la nécessité d'un tel rapport mettant en évidence l'étendue de l'injustice pratiquée par l'armée du Myanmar contre les femmes et les filles musulmanes à Arakan.
Il note que les autorités du Myanmar devraient cesser de nier délibérément ces faits et commencer à coopérer avec les organisations internationales.
Le communiqué souligne également que les forces de sécurité au Myanmar ont commis des viols de masse, afin de porter atteinte à la dignité des musulmans et de semer la terreur parmi eux.
"L'Organisation des Nations-Unies (ONU) devrait intensifier la pression sur le gouvernement du Myanmar pour qu'il cesse les injustices dont sont victimes les femmes et les filles musulmanes", lit-on dans le communiqué.
Les crimes qui se poursuivent depuis des années contre les Rohingyas, ont, selon les Nations-Unies, contraint quelque 826 000 personnes à se réfugier au Bangladesh, 656 000 d'entre eux ayant fui le pays depuis le 25 août dernier.
Selon l'organisation internationale Médecins sans frontières (MSF), pas moins 9 000 personnes appartenant à la minorité Rohingya ont été tuées dans la province d'Arakan (Rakhine), à l'ouest du Myanmar, entre le 25 août et le 24 septembre derniers.
L'Organisation des Nations-Unies a, pour sa part, documenté le recours de membres des forces de sécurité du Myanmar, aux viols collectifs à large échelle, aux meurtres de nourrissons et de jeunes enfants, ainsi que leur implication dans des passages à tabac brutaux et des cas de disparitions.
Les enquêteurs de l'ONU ont rendu un rapport décrivant ces abus "comme étant des crimes contre l'humanité".