Myanmar interdit l’activité de 16 organisations humanitaires internationales à Arakan (Guardian)
Les autorités du Myanmar ont interdit les activités des organisations internationales relevant de l’ONU, ainsi que celles de 16 autres organisations internationales, de travailler à Arakan, selon le journal britannique.
Mona Saanouni
04 Septembre 2017•Mise à jour: 04 Septembre 2017
AnkaraAA/Ankara
L’armée du Myanmar et les milices bouddhistes ont interdit plusieurs organisations internationales de secours de travailler pour assurer les aides humanitaires au profit des musulmans Rohingyas dans l’Etat d’Arakan dans l’ouest du pays, selon le journal britannique "The Guardian".
Le journal a indiqué, dans un rapport publié lundi citant le bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies, que les autorités ont interdit toutes les organisations internationales relevant de l’ONU, ainsi que 16 autres organisations internationales, de travailler à Arakan.
Il a indiqué que lesdites organisations ont été obligées de suspendre l’envoi des aides humanitaires basiques à savoir l’eau potable, la nourriture ainsi que les fournitures médicales à la région.
L’ONU œuvre à communiquer avec les autorités birmanes afin de relancer l’envoi des aides humanitaires aux dizaines de milliers des musulmans Rohingyas réfugiés, d’après le quotidien britannique.
Depuis le 25 août, l'armée du Myanmar enchaîne les graves violations des droits de l'homme, dans le nord de la province d'Arakan (sud-ouest), en usant d’une force excessive contre les musulmans Rohingyas, selon plusieurs rapports médiatiques.
Il est à noter que le Programme alimentaire international a annoncé, samedi dernier, la suspension de ses activités de secours dans l’Etat d’Arakan, craignant que son personnel ne soit exposé à des risques de sécurité lors de sa mission.
Le président du Conseil européen des Rohingyas, Hla Kyaw a indiqué que la politique de l’armée et des milices bouddhistes au Myanmar vise à éloigner les organisations de secours de l’Etat d’Arakan pour deux raisons principales.
La première raison serait pour « pousser les musulmans résidents dans les camps à la rébellion et à la désobéissance en raison du manque des aides humanitaires, et les décrire par la suite d’extrémistes puis les attaquer, et commettre de nouveaux massacres à leur encontre » a déclaré, dimanche soir, Kyaw à Anadolu.
Quant à la deuxième raison, il s’agit de « mener les résidents des camps à mourir de famine, en raison de la suspension des activités des organisations de secours », a-t-il indiqué.
Il n’y a pas de rapport précis concernant les victimes de ces massacres, cependant le Conseil européen des Rohingyas a annoncé qu’entre deux mille et trois mille musulmans avaient été tués dans les attaques de l'armée birmane sur la province d'Arakan, en moins de trois jours.
Plus tôt lundi, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a annoncé que plus de 87 mille Rohingyas d’Arakan se sont enfuis vers Bengladesh à cause des violations récentes à leur encontre au cours des 10 jours derniers.