AA/Rangoun (Myanmar)/ Joshua Carroll
Le président du Myanmar, Thein Sein, a annoncé, mercredi, un état d’urgence dans la région du Kokang, ravagée depuis dix jours par un conflit déclaré avec des rebelles, a rapporté un média d’Etat.
Le gouvernement a accordé à l’armée une autorité exécutive et judiciaire sur la Région autonome du Kokang, proche de la Chine, pour les 90 prochains jours, suite à plus d’une semaine de combats ininterrompus qui ont coûté la vie à au moins cinquante soldats et vingt-six rebelles d’ethnie chinoise Han.
Les rebelles ont précédemment affirmé, à des médias locaux, qu’une cinquantaine de civils avaient également été tués durant les combats.
Des dizaines de milliers de civils ont dû fuir vers la proche province chinoise de Yunnan, tandis que les affrontements se poursuivent.
Une notification, publiée, mercredi, dans le journal Global New Light of Myanmar, a indiqué que le contrôle du Kokang a été accordé au Commandant en chef Min Aung Hlaing «afin de ramener la normalité, la paix et la tranquillité » à la région.
Mardi, un convoi de la Croix-Rouge a été attaqué alors qu’il transportait environ une centaine de civils depuis la capitale du Kokang, Laukkai.
Les affrontements ont éclaté, le 8 février, dans la région autonome du Kokang, proche de la Chine, et ont forcé plus de 30 000 civils de la zone à fuir vers la proche province chinoise de Yunnan, d’après l’agence de presse chinoise Xinhua.
Les autorités chinoises, inquiètes face à cet afflux de réfugiés, ont appelé les parties à faire régner la paix le long des frontières.
La capitale du Kokang, Laukkai, aurait été désertée, d'après des médias locaux qui ajoutent que des maisons et des commerces ont été vandalisés et incendiés.
Le gouvernement myanmarais et les rebelles de l'Armée de l'Alliance démocratique nationale du Myanmar (MNDAA -Armée Kokang), s’accusent mutuellement d’avoir provoqué les hostilités.
Des hommes armés de milices rebelles alliées se battent également aux côtés des rebelles du Kokang, d’après des médias locaux.
Le gouvernement réformiste du Myanmar a pris le pouvoir en 2011, après le renversement de la junte militaire, en promettant une transition démocratique et un accord de paix avec les dix-sept groupes ethniques rebelles qui se battent depuis des années pour plus d’autonomie.
Thein Sein, qui a fait le serment, mardi, de ne pas céder « un pouce de territoire » aux rebelles du Kokang, s’était auparavant engagé à conclure, avant la tenue des élections générales prévues pour la fin de l’année, un accord national de cessez-le-feu avec les rebelles.
Cependant, des poussées de violences répétées et des négociations ayant traîné en longueur ont sapé les espoirs d’une véritable paix.