Bayram Altuğ
11 Novembre 2015•Mise à jour: 12 Novembre 2015
AA - Ankara - Ayse Betul Gedikoglu
Le parti de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), de l’opposante birmane Aung San Suu Kyi, a remporté les élections législatives avec un taux de 75% au Myanmar, du 8 novembre.
Cette victoire a été acceuillie avec joie par les musulmans de Rohingyas. Néanmoins, l'inquiétude des musulmans d'Arakan, au sujet leurs droits fondamentaux et des libertés individuelles, persistent.
Le secrétaire Général du Conseil Européen des Rohingyas, Muhammed Ibrahim, a félicité la LDN pour sa victoire, et a confié qu'il semble être difficile que ce parti puisse répondre aux attentes du peuple.
" Le leader du parti LND, Aung San Suu Kyi, ne s'est jamais exprimée au sujet des violations des droits de l'Homme à Arakan. D'ores et déjà, il etait difficile pour nous d'obtenir la reconnaissance des Musulmans Rohingyas ainsi que nos droits de citoyenneté. De ce point de vue, la victoire de la LND n'évoque rien pour nous, nous n'avons aucun espoir". a-t-il dit.
"Si Suu Kyi arrive à être le seul parti au pouvoir, elle pourra peut-être améliorer la situation des services locaux. Les Musulmans d'Arakan n'ont même pas la possibilité de se déplacer d'une ville à une autre. Il n'y a pas d'écoles, pas d'hôpitaux. Ils n'arrivent pas à se marier" a-t-il poursuivi.
Ibrahim a indiqué que le "NLD est soutenu par les Occidentaux car le Parti de la solidarité et du développement de l'Union (USPD), au pouvoir, est connu pour ses relations étroites avec la Chine et la Russie".
"Myanmar est le nouveau terrain de jeu des Occidentaux face à la Chine", estime Ibrahim.
Depuis 1982, les Rohingyas ne sont plus officiellement citoyens du Myanmar. Apatride, cette minorité musulmane visée par des campagnes haineuses est privée de droits élémentaires.
Après l’indépendance du Myanmar en 1948, les pouvoirs en place ont mené des politiques de délégitimation conduisant au nettoyage ethnique de «l’une des ethnies les plus persécutées du monde», selon ONU.