Mennatallah H. H. M. Said A.
10 Novembre 2021•Mise à jour: 10 Novembre 2021
AA / Addis-Abeba
Les Nations unies (ONU) ont déclaré, ce mercredi, que les autorités éthiopiennes détenaient plus de 70 chauffeurs locaux, travaillant pour l'ONU en Éthiopie.
C’est ce qui ressort d’un e-mail, dont le contenu a été publié par plusieurs médias internationaux, parmi lesquels le site européen d’information, Euronews.
Le courrier électronique n’a pas révélé les ethnies des chauffeurs, la Commission éthiopienne des droits de l'Homme a révélé, dans la journée du dimanche, avoir reçu de nombreuses informations concernant l'arrestation des personnes appartenant à l’ethnie tigrée, dans la capitale éthiopienne, Addis-Abeba.
Il n'y a eu aucun commentaire officiel de la part du gouvernement éthiopien concernant les déclarations des Nations unies dans son courrier électronique, jusqu'à 09h15 GMT, ce mercredi matin.
La nouvelle est tombée alors que les Nations unies avaient indiqué, hier, que les autorités éthiopiennes continuaient de détenir 16 personnes, parmi leurs employés, exigeant leur libération immédiate.
Le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, a déclaré qu'au moins 16 membres du personnel local de l'organisation internationale et leurs familles, avaient été "arrêtés à Addis-Abeba".
Et d’ajouter : "Ce sont des employés de l'ONU et ce sont des Éthiopiens… Nous attendons avec impatience leur libération quelle que soit l'appartenance ethnique inscrite sur leurs cartes d'identité."
Concernant les accusations des Nations unies contre les autorités éthiopiennes d'avoir arrêté ses employés, Legesse Tulu, le porte-parole du gouvernement éthiopien, a déclaré qu'il ne disposait d’aucune information concernant l'arrestation d'employés des Nations unies.
"Les détenus sont des Éthiopiens violant la loi", a-t-il ajouté dans un communiqué de presse.
En septembre dernier, le ministère éthiopien des Affaires étrangères a annoncé l'expulsion de sept hauts fonctionnaires des Nations unies pour "ingérence" dans les affaires du pays.
Le 4 novembre 2020, des affrontements armés ont éclaté dans la région du Tigré entre l'armée éthiopienne et le Front de libération du peuple du Tigré, après l'offensive des forces gouvernementales dans la région, en riposte à une attaque contre une base militaire.
Au 28 du même mois, l'Éthiopie a annoncé la fin d'une opération de "maintien de l'ordre" en prenant le contrôle de toute la région, malgré les informations faisant état de violations des droits humains dans la région depuis lors, où des milliers de civils avaient été tués.
Le conflit a provoqué le déplacement de centaines de milliers de personnes, et la fuite de plus de 60 000 individus vers le Soudan, selon des observateurs, alors que Khartoum affirme que ce chiffre s’élève à 71 488 réfugiés.
*Traduit de l’arabe par Mounir Bennour