Mona Saanouni
28 Août 2018•Mise à jour: 28 Août 2018
AA/Yémen/Mohamed Samei
Une mission d'enquête relevant de l'Organisation des Nations Unies (ONU) a indiqué, mardi, que les protagonistes du conflit au Yémen "ont commis des violations et des crimes" lors de la guerre.
C'est ce qui ressort du rapport émis par une équipe d'experts diligentée par le Conseil des Droits de l'Homme relevant de l'ONU sur la situation humanitaire au Yémen, publié par le site officiel de l'organisation.
Le rapport indique que "les informations documentées par l'équipe d'experts reconnus régionaux et internationaux, concernée par le Yémen, montre que les protagonistes du conflit ont commis et commettent encore des violations et des crimes en vertu du droit international".
Ledit rapport a couvert la période du mois de septembre 2014 jusqu'au mois de juin 2018, montrant les principales formes de violations et d'atteinte aux droits de l'Homme et aux droits international et international criminel commises par les protagonistes du conflit.
L'équipe a conclu que des membres du gouvernement yéménite et des forces de la Coalition arabe ainsi que des éléments armés Houthis "ont commis des actes équivalents à des crimes de guerre, tandis que l'affirmation de cela reste conditionnée par l'évaluation faite par un tribunal spécialisé et indépendant", selon le rapport.
Elle a également considéré que "les raids aériens de la Coalition ont fait directement des victimes civiles".
Pour sa part, la Coalition arabe a toujours insisté sur sa volonté d'éviter d’éviter de nuire aux civils lors de ses opérations au Yémen, mais a reconnu qu’il y avait eu quelques incidents de bombardement par erreur, dont des enquêtes ont été ouvertes à cet égard.
Citant Kamel Jandoubi, président de l'équipe des experts reconnus internationaux et régionaux au Yémen, le rapport indique "qu'il n'y a aucun indice montrant la volonté de quiconque partie à réduire le nombre des victimes civiles".
Il a appelé "à prioriser immédiatement la dignité humaine dans ce conflit oublié".
Jandoubi a exhorté toutes les parties à prendre des mesures pour lever les restrictions disproportionnées à l'acheminement sûr et rapide des fournitures humanitaires et d'autres biens nécessaires à la population civile au Yémen et à la circulation des personnes, notamment via l'aéroport international de Sanaa, en vertu du droit international humanitaire.
L'équipe des experts a exprimé, selon le même rapport, sa préoccupation quant à l'usage par les forces des Houthis et de l'ancien président assassiné Ali Abdallah Salah, d'armes d'influence massive dans la guerre des villes, dont l'utilisation dans un environnement civil est "arbitraire".
En outre, le rapport indique que "l'équipe d'experts a reçu des informations selon lesquelles le gouvernement et les forces soutenues par la Coalition ainsi que les forces houthies mobilisent et recrutent les enfants dans les rangs des forces et des groupes armés, et les utilisent pour participer activement aux hostilités".
II a annoncé que "les individus susceptibles d'être responsables de crimes internationaux ont été identifiés, et qu'une liste de noms confidentielle a été déposée auprès du Haut Commissaire aux droits de l'homme."
Les parties mentionnées dans le rapport de l’ONU n’auraient pu faire aucun commentaire, mais elles nient souvent des violations contre des civils.
Le Conseil des Droits de l'Homme avait décidé, à la fin septembre 2017, de former un grouper d'experts internationaux et régionaux de premier plan, connaissant le droit des droits de l'homme et le contexte yéménite, pour un an au moins sous réserve de prolongation par autorisation.
La mission de ladite équipe est "d'établir une étude globale de toutes les violations des droits de l'Homme présumées et des violations du droit international commises par tous les protagonistes du conflit et ce à partir du mois de septembre 2014".