Mona Saanouni
28 Août 2018•Mise à jour: 30 Août 2018
AA/Ankara/Ahmet Dursun
Le président iranien, Hassan Rohani, a échoué à convaincre les députés du Parlement en répondant à leurs questions concernant la situation économique dans le pays, tandis que la télévision officielle a annoncé que l'affaire est transférée à la justice.
Rohani a répondu à cinq questions relatives aux sanctions imposées au secteur bancaire, au chômage, à la stagnation économique, à la crise de la dépréciation du taux de change de la monnaie iranienne et à la contrebande.
En réponse auxdites questions, Rohani a déclaré que les problèmes économiques actuels sont apparus à la suite des sanctions imposées au pays par les Etats-Unis, défendant le rendement de son gouvernement.
"Il faut semer l'espoir chez le peuple, le fait d'établir une image sombre de la situation économique dans le pays, augmentera l'obscurité et la cruauté de vie des citoyens", a ajouté le président iranien.
Après les réponses apportées de Rohani, les députés ont voté en exprimant leur insatisfaction de 4 réponses sur 5 du président, affirmant qu'elles n'étaient pas suffisantes, tandis qu'ils ont exprimé leur conviction quant à sa réponse relative au secteur bancaire.
Dans le même ordre d'idées, la télévision gouvernementale a annoncé que "le Parlement a transféré les questions dont il n'a pas été convaincu à la justice". Cette dernière effectuera les enquêtes nécessaires à cet égard et les renverra de nouveau au Parlement afin qu'il émette à son tour sa décision finale quant au gouvernement.
Le pays traverse une crise économique et souffre d’un déclin rapide des indicateurs économiques, accompagné de manifestations populaires dans plusieurs provinces, exigeant des emplois, et l'amélioration des conditions de vie pour mettre terme à la détérioration des taux de change.
Les Etats-Unis ont réimposé des sanctions économiques à Téhéran, le 6 août courant, après le retrait de Washington de l'Accord nucléaire conclu en mai 2018, et a promis d'imposer des sanctions supplémentaires qui toucheraient le coeur de l'économie iranienne, à savoir le pétrole, et ce en novembre prochain.