Bilal Müftüoğlu
04 Janvier 2016•Mise à jour: 04 Janvier 2016
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
La France appelle à une "désescalade" entre l'Iran et l'Arabie saoudite qui sont arrivés au point de rompre les relations diplomatiques après l'exécution d'un dirigeant chiite en Arabie saoudite et l'attaque contre l'ambassade de ce dernier à Téhéran, a annoncé lundi le porte-parole du gouvernement français Stéphane Le Foll.
S'exprimant après la première réunion informelle du gouvernement français après les fêtes de fin d'année, Le Foll a exhorté la mise en place des "solutions politiques" alors que la situation dans la région est " extrêmement difficile, voire dégradée ".
"La France a comme rôle important d'être, dans cette région, un interlocuteur avec toutes les parties", a estimé le porte-parole, mettant en avant "l'atout" de son pays de "pouvoir parler" à tous les pays de la région.
Rappelant encore que la France maintient son opposition aux exécutions, dont celle du cheikh chiite Nimr Baqer al-Nimr en Arabie saoudite, Le Foll a réitéré, " la position de la France ne change pas : nous sommes opposés à la peine de mort quels que soient les lieux, les pays, les circonstances ".
Dans une précédente déclaration, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius avait souligné que la France "déplore profondément" l'exécution par l'Arabie saoudite de 47 personnes, dont le cheikh Nimr.
La France appelle les responsables de la région "à tout faire pour éviter l'exacerbation des tensions sectaires et religieuses", avait encore souligné Fabius.
L’Arabie saoudite avait décidé dimanche, de rompre ses relations avec l'Iran, et avait appelé les membres de la mission diplomatique iranienne à quitter le pays dans les 48 heures suite à l'attaque contre son ambassade à Téhéran.
Des manifestants iraniens en colère avaient incendié, samedi, le bâtiment de l’ambassade saoudienne et saccagé le siège du consulat saoudien dans la ville de Masshad, en signe de protestation contre l’exécution du dignitaire religieux chiite.
Le ministre des Affaires étrangères saoudien, Adel al-Jubeir, avait déclaré, dimanche, lors d'une conférence de presse, à Riyad, que l’Iran a une longue expérience dans la violation des missions diplomatiques étrangères, en allusion aux attaques ayant ciblé l'ambassade des États-Unis en 1979, et l'ambassade britannique en 2011.