Tarek Fathi Mohamed
27 Avril 2021•Mise à jour: 28 Avril 2021
AA/New York
Le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordinateur des secours d’urgence des Nations Unies (OCHA), Mark Lowcock, a déclaré mardi que « Les viols systématiques perpétrés à l’encontre des femmes rohingyas il y a quatre ans, sont actuellement en cours dans la région éthiopienne du Tigré ».
C’est ce qui ressort de l’intervention de Lowcock lors d'une session du Conseil de sécurité de l'ONU, tenue virtuellement mardi, à l'initiative du Vietnam, dans laquelle il a abordé la position des Nations Unies vis à vis de la protection des civils dans les zones de conflit et la préservation des services sanitaires et agricoles, nécessaires à la population.
Le responsable de l'ONU a identifié 3 domaines essentiels pour renforcer la protection des civils dans les conflits armés, qui sont, « La nécessité d'identifier les installations civiles indispensables aux protagonistes des conflits et de ne pas les prendre pour cibles, éviter l'utilisation d’armes explosives qui ont des effets étendus dans les zones peuplées, ainsi que l’impératif de rendre des comptes pour les violations graves du droit international humanitaire».
Lowcock a averti les membres du Conseil que « Les Nations Unies ont été informées de cas horribles de viol et d'autres formes de violence sexuelle, utilisés comme moyens, pour atteindre des objectifs politiques et militaires dans la région du Tigré ».
Et le responsable onusien de déplorer, « C'est ce que nous avons vu au Myanmar en 2017, et je n'oublierai jamais les histoires que les femmes que j'ai rencontrées dans le camps de réfugiés rohingyas de Cox's Bazar au Bangladesh, m'ont raconté de leur expérience de viol organisé devant des familles et des enfants, par des hommes en uniforme militaire (...) et c'est aussi ce que nous avons vu ces 6 derniers mois dans le nord de l'Ethiopie ».
Le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires de l'ONU a affirmé que « les pratiques de viol ne se sont pas arrêtées au Tigré. Il s'agit de pratiques planifiées, délibérées et systématiques, perpétrées sur la base de l'appartenance ethnique et visant l'intimidation et l’humiliation des victimes », a-t-il dit.
Depuis le 25 août 2017, les forces armées du Myanmar et les milices bouddhistes, ont lancé une campagne militaire qui s’est soldée par des massacres brutaux contre les Rohingyas à Arakan.
Ces crimes qui se poursuivent toujours, ont entraîné la mort de milliers de Rohingyas, selon des sources locales et internationales concordantes, ainsi que le déplacement de près d'un million de réfugiés rohingyas au Bangladesh, selon les Nations Unies.
Le 4 novembre dernier, des affrontements ont éclaté dans la région du Tigré, entre l'armée fédérale et le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), avant qu'Addis-Abeba n'annonce le 28 du même mois que l’opération de «maintien de l'ordre» a pris fin par le contrôle de toute la région, et ce, malgré des rapports faisant état de la poursuite des violations des droits de l’homme dans la province.
*Traduit de l’arabe par Majdi Ismail