Bilal Müftüoğlu
04 Mars 2016•Mise à jour: 05 Mars 2016
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
La France et l'Allemagne ont souligné vendredi la nécessité d'une aide européenne pour la Turquie sur la question des réfugiés et d'une réponse commune face à la crise migratoire, trois jours avant le conseil européen entre l'Union européenne (UE) et la Turquie.
Réunis vendredi à l'Elysée, le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel ont abordé les thèmes principaux du sommet du 7 mars à Bruxelles ainsi que la situation en Syrie, notamment au travers d'une conférence téléphonique avec les Premiers ministres italien et britannique Matteo Renzi et David Cameron, et le président russe Vladimir Poutine.
La France et l'Allemagne souhaitent apporter "une seule réponse" à la crise des réfugiés, a souligné Hollande, appelant ainsi à une solution européenne. Le sommet Turquie-UE se concentrera ainsi sur deux principes, a précisé le président français, soit l'accueil des réfugiés syriens au plus près de leur pays et la vérification de l'identité et du parcours des réfugiés, dans les hotspots, notamment lorsqu'ils arrivent en Europe.
Saluant à cet égard le déploiement par l'OTAN d'une force maritime pour surveiller le flux migratoire en Mer Egée, Hollande a fait savoir que la France mobilisera aussi un bateau pour venir en complément des moyens transatlantiques.
Les deux chefs d'Etat se sont par ailleurs félicités du respect progressif des engagements pris par la Turquie en échange de sa réception d'une aide européenne de 3 milliards d'euros. Merkel a rappelé ainsi que la Turquie a introduit des obligations de visa pour les ressortissants irakiens, afghans, syriens, tout en créant le permis de travail pour les réfugiés syriens déjà établis dans le pays.
La Turquie a aussi mis en place la réadmission des réfugiés dont la situation ne relève du droit d'asile dans le cadre de l'abolition du visa Schengen, a ajouté la chancelière.
Le nombre de réfugiés qui traversent la Mer Egée et atteignent l'Europe par la suite est "moins important" que l'automne dernier, ont aussi tenu à souligner Merkel et Hollande.
Face aux efforts déployés par Ankara, Merkel a ainsi dit "comprendre" que la Turquie attend que l'Europe aide davantage et s'est dit prête, au nom de l'Europe, à une coopération plus renforcée entre les parties.
"Il est légitime d'aider les turcs", a renchéri pour sa part Hollande, rappelant que la Turquie accueille d'ores et déjà 2,5 millions de réfugiés syriens.
D'autre part, les deux chefs d'Etat ont abordé la question syrienne, sujet principal de leur conversation avec Renzi, Cameron et Poutine. La conversation a été "utile", a estimé Hollande, notant que le cessez-le-feu est "globalement observé" sur le terrain en Syrie.
Les parties, y compris, la Russie ont affiché leur volonté de faire respecter ce cessez-le-feu entre le régime syrien et l'opposition ainsi que d'assurer l'acheminement de l'aide humanitaire à Alep et ses environs "dans des meilleurs conditions".
Poutine a exprimé ainsi sa volonté "pour qu'il n'y ait pas de bombardements sur la population civile", a fait savoir Hollande, appelant par ailleurs à l'accélération du processus de transition politique.
"Les Russes ont admis le principe de la négociation [en Syrie] sur la base de la résolution des Nations unies", a-t-il ajouté.