AA / Istanbul / Mariem Njeh
Le président français Emmanuel Macron a affirmé vendredi que le programme franco-allemand de Système de Combat Aérien du Futur (SCAF) n'était « absolument pas » annulé, à l'issue d'une rencontre avec le chancelier allemand Friedrich Merz en marge du sommet informel de l'Union européenne à Chypre, ajoutant que les ministères de la Défense des deux pays vont travailler « sur plusieurs axes » et « sujets » dans les « semaines à venir ».
Interrogé sur l'avenir du programme, Macron a déclaré avoir eu « une bonne discussion ce matin » avec le chancelier Merz, précisant que les deux dirigeants avaient confié à leurs ministres de la Défense la mission de « travailler sur plusieurs domaines et différentes questions », relevant non seulement de l'avion de combat futur, mais aussi de « différents domaines de la coopération entre nos pays ».
« Nous continuons à progresser », a-t-il ajouté, appelant à davantage d'unité européenne : « L'Europe n'a jamais eu autant besoin d'unité, de plus d'indépendance et de souveraineté. »
Cette déclaration intervient après plusieurs semaines de turbulences autour du programme SCAF.
Les médiateurs franco-allemands chargés de tenter de sauver le programme, Laurent Collet-Billon côté français et Frank Haun côté allemand, avaient obtenu dix jours supplémentaires, jusqu'au 28 avril, pour rendre leurs conclusions, après une première échéance fixée au 18 avril.
Le programme, dont le coût est estimé à environ 100 milliards d'euros, est bloqué par un conflit persistant entre Dassault Aviation, représentant les intérêts français, et Airbus, représentant l'Allemagne et l'Espagne, sur le partage du leadership industriel.
Lancé en 2017 par Macron et l'ancienne chancelière Angela Merkel, puis rejoint par l'Espagne en 2019, le SCAF vise à développer un système aérien de nouvelle génération destiné à remplacer, à partir de 2040, les Rafale français et les Eurofighter allemands et espagnols.