Bilal Müftüoğlu
19 Mai 2016•Mise à jour: 20 Mai 2016
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
La France est le pays le plus menacé par le terrorisme, même après les attentats de janvier et de novembre 2015, a estimé Patrick Calvar, directeur général de la sécurité intérieure, service du renseignement français (DGSI).
Convoqué par la Commission de la défense nationale et des forces armées de l'Assemblée nationale, Calvar a souligné que la menace terroriste qui pèse sur la France reste "très forte", évoquant la le titre d'un des numéros de la revue francophone de Daech, Dar al Islam, "Qu’Allah maudisse la France" et Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) qui considère la France encore l'ennemi numéro un.
Daech tenterait aussi de perpétrer de nouvelles attaques sur le sol français alors qu'il rencontre des difficultés militaires sur le terrain.
"Nous savons que Daech planifie de nouvelles attaques – en utilisant des combattants sur zone, en empruntant les mêmes routes qui facilitent l’accès à notre territoire – et que la France est clairement visée. Daech se trouve dans une situation qui l’amènera à essayer de frapper le plus rapidement possible et le plus fort possible : l’organisation rencontre des difficultés militaires sur le terrain et va donc vouloir faire diversion et se venger des frappes de la coalition", a-t-il ainsi souligné.
Daech pourrait aussi recourir à de nouvelles méthodes d'attaque, a fait remarquer le patron des services secrets français, évoquant la possibilité d'"une campagne terroriste caractérisée par le dépôt d’engins explosifs dans des lieux où est rassemblée une foule importante, ce type d’action étant multiplié pour créer un climat de panique".
Calvar s'est néanmoins félicité du fait que les départs en Syrie pour rejoindre Daech sont en "stagnation".
"Il est plus compliqué de se rendre dans la zone concernée et l’on compte beaucoup moins de volontaires car les bombardements ont un effet dissuasif. On assiste à l’inverse à davantage d’intentions de retour sur notre sol mais qui sont entravées par la politique de Daech qui, dès lors qu’ils souhaitent quitter la Syrie, considère les intéressés comme des traîtres à exécuter immédiatement", a-t-il précisé.