Rıyaz Khalıq,Qualid Filsde Mohamed Chine
29 Janvier 2019•Mise à jour: 30 Janvier 2019
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La communauté internationale ne peut rester silencieuse face aux souffrances des enfants musulmans Rohingya persécutés au Myanmar, a déclaré la directrice générale de l'UNICEF Henrietta Fore.
«[Nous ne pouvons pas ignorer] les souffrances des Rohingyas actuellement réfugiés au Bangladesh», a déclaré Henrietta Fore lors d'un forum organisé lundi soir à Naypyitaw, capitale du Myanmar.
«Nous devons œuvrer ensemble à assurer un avenir pacifique pour tous», a ajouté Fore, premier haut responsable de l'UNICEF à s'être rendu au Myanmar en 30 ans.
La cheffe de l'UNICEF a demandé au Myanmar de prendre des mesures pour «rétablir la confiance, qui est fondamentale dans toutes les sociétés».
"Mais la réconciliation doit suivre la nécessaire reddition des comptes", a-t-elle déclaré, évoquant la persécution des Rohingya dans l'État de Rakhine au Myanmar au fil des ans.
Fore a exhorté les pays à majorité bouddhiste à «veiller à ce que tous les enfants reçoivent un certificat de naissance».
Elle a également appelé à la mise en œuvre des recommandations formulées par la commission consultative sur les enfants à Rakhine.
«Au moment où nous discutons des prochaines étapes de notre travail commun, j’espère aussi entendre comment les enfants les plus démunis - les enfants des régions touchées par le conflit, les enfants difficiles à atteindre, les enfants marginalisés et victimes de discrimination - comment ils seront placés au premier rang dans nos plans », a-t-elle déclaré.
"Dans l'État de Rakhine, cela signifie soutenir la mise en œuvre des recommandations de la commission consultative présidée par le regretté Kofi Annan", a ajouté Fore.
La cheffe de l’UNICEF a appelé à assurer des conditions favorables pour le retour des Rohingyas du Bangladesh, soulignant que la mise en œuvre des recommandations "contribuerait également grandement à garantir les conditions" pour le retour des réfugiés du Bangladesh.
«Nous savons, grâce aux équipes de l’UNICEF qui y travaillent, que les enfants de ces camps mènent une existence précaire et presque sans espoir», a-t-elle déclaré.
«Nous demandons instamment que les mesures nécessaires soient prises pour permettre leur retour sécurisé, volontaire et digne dans leur pays d'origine, où leurs droits sont respectés et où ils peuvent à nouveau vivre en paix avec leurs voisins."
Depuis le 25 août 2017, l'armée du Myanmar et les milices bouddhistes commettent des actes violents et des génocides contre les musulmans Rohingyas dans l’Etat d’Arakan, faisant des milliers de morts, selon des sources et des rapports locaux et internationaux concordants.
Le gouvernement du Myanmar considère les musulmans Rohingyas comme étant des "migrants illégaux" du Bangladesh, tandis que les Nations Unies les qualifient de "minorité la plus persécutée au monde".