Burak Bir
30 Avril 2024•Mise à jour: 01 Mai 2024
AA / Londres / Burak Bir
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a exprimé son opposition à l'opération militaire prévue à Rafah, ville du sud de la Bande de Gaza où se sont réfugiés 1,4 million de Palestiniens déplacés.
Il serait "totalement inacceptable" qu'Israël attaque Rafah, a déclaré Von der Leyen lors d'un débat organisé par POLITICO à Maastricht, aux Pays-Bas.
La présidente de la Commission, qui brigue un second mandat, a rappelé qu'elle avait visité Rafah et déclaré que la situation y était "insupportable" et "inacceptable".
"Je ne fixe jamais de ligne rouge, mais je pense qu'il serait tout à fait inacceptable que (le Premier ministre israélien Benjamin) Netanyahu procède à une invasion", a-t-elle répondu à la question de savoir si l'attaque de Rafah constituerait "une ligne rouge" et entraînerait des sanctions à l'encontre d'Israël.
Elle a indiqué que la Commission européenne s'entretiendrait avec les États membres et agirait en conséquence en cas d'invasion de Rafah.
Malgré une opposition internationale croissante, Israël a annoncé son intention de lancer une attaque au sol à Rafah, où plus de 1,4 million de Palestiniens se sont réfugiés pour échapper à l'offensive meurtrière d'Israël contre la Bande de Gaza.
Interrogée sur la manière dont elle propose de mettre fin à la guerre, Von der Leyen a réaffirmé qu'elle avait toujours défendu "le droit d'Israël à se défendre".
Avant le débat, elle a dû faire face à une réaction concernant sa position sur Israël, après qu'une vidéo circulant sur les médias sociaux l'a montrée en train de se faire apostropher par une manifestante qui lui a lançé : "Vous êtes une criminelle de guerre".
Von der Leyen a essuyé de nombreuses critiques depuis le 7 octobre en raison de son soutien inconditionnel à Israël.
En décembre, Clare Daly, membre irlandaise du Parlement européen, a critiqué sa position sur les attaques israéliennes incessantes contre Gaza, la qualifiant de "Frau Genocide".
Israël mène une offensive meurtrière contre la Bande de Gaza depuis l'attaque transfrontalière menée, le 7 octobre dernier, par le mouvement palestinien Hamas, attaque qui, selon Tel-Aviv, aurait fait près de 1 200 morts.
Depuis lors, près de 34 500 Palestiniens ont été tués, principalement des femmes et des enfants, et plus de 77 600 autres ont été blessés dans un contexte de destruction massive et de graves pénuries de produits de première nécessité.
Plus de six mois après le déclenchement de la guerre israélienne, de vastes pans de Gaza sont en ruines, poussant 85 % de la population de l'enclave à se déplacer à l'intérieur du territoire, dans le cadre d'un blocus paralysant visant les denrées alimentaires, l'eau potable et les médicaments, d'après les données de l'ONU.
Israël est poursuivi devant la Cour internationale de justice pour crime de génocide. Une ordonnance rendue en janvier a enjoint Tel-Aviv de mettre fin aux actes à caractère génocidaire et de prendre des mesures pour garantir l'acheminement de l'aide humanitaire à la population civile de la Bande de Gaza.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj