Feiza Ben Mohamed
15 Mai 2024•Mise à jour: 15 Mai 2024
AA/Nice/Feïza Ben Mohamed
Le gendarme grièvement blessé en Nouvelle-Calédonie est décédé, a annoncé mercredi après-midi le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, sur le réseau social X.
« Le gendarme mobile grièvement blessé par balle en Nouvelle-Calédonie vient de décéder. Nos pensées vont à sa famille, ses proches et ses camarades », a-t-il déclaré, assurant que « rien, absolument rien, ne justifie la violence » et que « l’ordre public sera rétabli ».
Plus tôt, l’Elysée avait fait savoir que le militaire avait été grièvement touché en marge des émeutes qui sévissent sur l'archipel depuis deux nuits consécutives.
Le bilan toujours très provisoire de ces événements violents passe ainsi à 4 morts, et de très nombreux blessés.
Selon le ministère de l’Intérieur, 500 policiers et gendarmes vont être dépêchés sur place dans les prochaines heures pour prêter main forte aux 1 800 effectifs déjà déployés.
Au terme d’un conseil de défense et de sécurité organisé en urgence à l’Elysée, le président Emmanuel Macron a demandé à ce que l’état d’urgence soit décrété promettant que « toutes les violences sont intolérables et feront l'objet d'une réponse implacable pour assurer le retour de l'ordre républicain ».
Au cours de cette réunion, à laquelle participaient plusieurs ministres dont le Premier ministre Gabriel Attal, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, le ministre des Armées Sébastien Lecornu et le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti, « le président de la République a rappelé la nécessité d'une reprise du dialogue politique ».
Ces émeutes interviennent en réaction au débat, à l'Assemblée nationale, sur le projet de réforme constitutionnelle portant dégel du corps électoral de l'archipel calédonien et son élargissement aux Français qui ne sont pas originaires de Nouvelle-Calédonie.
Ce projet est fortement contesté par les autochtones Kanaks qui représentent près de 40% de la population et qui redoutent une perte de poids électoral par le biais de cette réforme.
Le projet a été discuté pendant deux jours (13-14 mai courant), puis adopté par l'Assemblée nationale française, tard dans la nuit de mardi à mercredi, avec 351 voix "pour" et 153 "contre".
Il avait été déjà adopté par le Sénat, le 2 avril dernier, avec 233 voix pour et 99 contre, et doit être validé par les deux chambres du Parlement réunis en Congrès.
Toutefois, le président Macron "a proposé d'inviter à Paris l'ensemble des parties néo-calédoniennes pour une rencontre avec le gouvernement visant à relancer le dialogue".
Le chef de l’Etat a également promis qu'il ne convoquerait pas -"dans la foulée" d'une éventuelle adoption du texte - le Congrès du Parlement, nécessaire pour modifier la Constitution, afin de laisser une dernière chance aux discussions entre les parties locales".
Pour rappel, le corps électoral en Nouvelle-Calédonie avait été gelé grâce à une révision constitutionnelle en février 2007.
Cependant, et malgré ce gel, les "indépendantistes", ont perdu les 3 référendums sur l'indépendance, tenus entre 2018 et 2021, ce qui a permis à l'archipel de rester français.
Par le dégel du corps électoral, le gouvernement français veut, aujourd'hui, permettre à environ 25 mille personnes de nationalité française, mais pas forcément Calédoniens, d'intégrer les listes électorales des provinciales.
Cet élargissement du corps électoral est présenté par le gouvernement français comme indispensable pour la "constitutionnalité du prochain scrutin".