AA - Bangui - Sylvester Krock
"Une enquête est d'ores et déjà ouverte" après que les soldats de la force africaine de la MISCA en RCA ont découvert 13 corps dans un camp militaire, a appris vendredi un correspondant d'Anadolu auprès du procureur de la République centrafricain.
Un charnier de treize corps en état de putréfaction avancée a été découvert mercredi dans un camp militaire dénommé "Camp Béal" et occupé par des ex-rebelles de la Séléka dans le centre de Bangui.
Les éléments congolais démocratiques de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA) ont fait cette découverte macabre au cours de leur patrouille de routine.
Le camp compte parmi six autres sites militaires identifiés dans le cadre d'une surveillance des membres de la Séléka (milices à majorité musulmane présidée par le président démissionnaire Michel Djotodia) en vue de leur désarmement, démobilisation et réinsertion. Au total, on dénombre plus de 2 000 éléments de la Séléka cantonnés dans les camps militaires.
« Je précise que nous nous trouvons là présentement sur un camp militaire et vous voyez que c'est un endroit qui devait servir pour les réserves de carburant. Et c'est dans cette cuve qu'on a enfoui les corps. L'enquête est d'ores et déjà ouverte. Nous allons nous atteler à découvrir les auteurs du crime, et à les conduire à avouer la vérité », a déclaré à la presse Ghislain Grézégué le procureur de la République du Tribunal de Grande Instance de Bangui, arrivé mercredi sur les lieux.
Cependant, les responsables de la Séléka cantonnés dans ce camp militaire réfutent toute culpabilité dans l'existence de ce charnier. « Moi, je n'ai rien remarqué non. Si j'avais vu quelque chose pareille, j'aurais pu l'empêcher ou informer les autorités compétentes. La mort d'hommes, ce n'est pas un jeu et ce n'est pas bien quelque soit la personne», a répliqué le Colonel Hamat Aboubakar, un cadre militaire Séléka.
Notons que janvier dernier, peu avant la démission de Michel Djotodia, un charnier similaire de 32 corps avait été découvert dans les parages du Camp de Roux qui abritait la résidence du président Djotodia.