Nadia Janane
24 Avril 2019•Mise à jour: 24 Avril 2019
AA / Alger / Hassan Jibril
Un tribunal algérien a annoncé, mercredi, la réouverture de l’enquête dans l’affaire du groupe pétrolier public Sonatrach sur fond de suspicions de corruption entre 1999 et 2010 alors que Chakib Khelil était ministre de l’Energie.
C’est ce qui ressort d’un communiqué de la Cour suprême consulté par Anadolu.
« Deux dossiers en relation avec l’ancien ministre Chakib Khelil ont été soumis à la Cour suprême mardi », a indiqué la Cour dans son communiqué.
Khelil est accusé d’infractions à la législation liée au change et au transfert de capitaux depuis et à l’étranger, et d’avoir conclu de façon illégale deux contrats avec deux sociétés étrangères au profit de Sonatrach, lit-on dans le même communiqué.
Les contrats en question seraient ceux conclus avec le géant énergétique italien Eni et sa filiale Saipem.
Les deux sociétés ont été accusées d’avoir versé des dessous-de-table d’une valeur de 11 milliards de dollars à des employés de Sonatrach et des intermédiaires, et d’avoir acquis les droits d’exploitation d’un gisement de gaz après le rachat de First Calgary Petroleums, société qui détenait 50% de la concession. La deuxième moitié revient à Sonatrach.
Khelil a été ministre de l’Energie entre 1999 et 2010. Il a également occupé le poste de président de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) de 2001 à 2003.
Cité dans plusieurs affaires de corruption, notamment le scandale de Sonatrach, l’ancien ministre algérien de l’Energie a fait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis en août 2013.
Ce mandat a ensuite été annulé par les autorités algériennes pour vice de forme.
Mardi, le chef d'Etat par intérim, Abdelkader Bensalah, a limogé, sans explications, le PDG du géant Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, et a nommé, à sa place, Rachid Hachichi.
Abdelmoumen Ould Kaddour était PDG de ce groupe pétrolier depuis 2017.
Sonatrach compte 150 filiales et 120 mille collaborateurs.