AA / Al-Quds / Abderraouf Arnaout
La police israélienne a de nouveau arrêté l’avocat palestinien Mohamed Allane, mercredi matin, à l’hôpital où il est traité, en vertu d’un «nouveau» mandat de détention administrative militaire et en dépit de la décision de la Cour suprême palestinienne de suspendre sa détention administrative en aout dernier.
«La police a de nouveau arrêté le Palestinien Mohamed Allane, mercredi matin, en vertu d’un mandat administratif militaire signé par le commandant militaire du district centre [d'Israël], alors qu’il se trouve à l’hôpital d’Ashkelon [sud d’Israël]», indique un communiqué publié par la porte-parole de la police israélienne Louba Samiri.
«Allane a été transféré au centre médical relevant de la direction des prisons à Ramla, dans le district centre d’Israël, où il continuera à subir les soins médicaux nécessaires tout en étant en détention administrative», ajoute le communiqué.
Et d’enchainer: «La Cour avait ordonné la libération de Allane après la détérioration de son état de santé à la suite de la grève la faim qu’il observait, mais vue l’amélioration récente de son état de santé, un mandat militaire a été émis pour l’arrêter de nouveau jusqu’à la fin de sa période de détention administrative, le 4 novembre prochain».
Le 19 août dernier, la Cour suprême d’Israël a suspendu la détention administrative de Mohamed Allane. Ce dernier a mis un terme, le lendemain, à sa grève de la faim qui se poursuivait depuis plus de deux mois.
Avocat de 31 ans originaire du village de Aïn Abous, à Naplouse (Nord de la Cisjordanie), Mohamed Allane était détenu arbitrairement depuis le 16 novembre 2014.
Il a entamé, à la mi-juin dernier, une grève de la faim ouverte pour protester contre son maintien en détention administrative, sans procès.
Le 14 août, Allen a sombré dans le coma «et son état de santé s’est gravement détérioré», avait annoncé le Club du prisonnier palestinien (non-gouvernemental).
Le 17 août, à sa sortie du coma, les médecins ont déclaré que son état était «stationnaire» avant d’annoncer, le lendemain, qu’il souffrait de lésions cérébrales.
Le parquet militaire israélien avait proposé, le même jour, de le libérer le 3 novembre prochain et de ne pas renouveler sa détention administrative s’il accepte d’arrêter sa grève de la faim.
La détention administrative est une décision d’emprisonnement sans procès. Cette mesure renouvelable indéfiniment tous les six mois, permet d’emprisonner quelqu’un sans lui notifier de charge. Israël prétend détenir des dossiers classés «secret sécuritaire» à l’encontre du prisonnier faisant l’objet d’une détention administrative.