AA / Beyrouth / Jad Yatim
L’organisation internationale « Amnesty international » a dénoncé, lundi, les peines d’emprisonnement émises par la justice égyptienne à l’encontre de journalistes de la chaine satellitaire qatarie « al-Jazeera English » qu’elle a qualifiés de « prisonniers d’opinion », appelant à leur « libération inconditionnelle » et considérant ces jugements comme étant « une violente attaque » contre la liberté de la presse.
Dans un communiqué rendu public, lundi, « Amnesty » a souligné qu’elle considère les trois journalistes comme « prisonniers d’opinion » et leur condamnation comme étant une menace à la liberté de la presse.
Le directeur de l’Organisation dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord Philip Luther a appelé à la « libération immédiate et sans conditions », ajoutant que ce qui s’est passé est « une journée noire pour la liberté de la presse en Egypte dès lors que les trois journalistes ont été séquestrés et qualifiés de criminels et de terroristes alors qu’ils n’accomplissaient leur travail ».
« L’unique raison de détention en prison de ces trois hommes consiste à ce que leurs avis et opinions ne plaisent pas aux autorités égyptiennes », clarifiant que quiconque s’oppose aux autorités du Caire actuellement représente « une cible privilégiée » pour le pouvoir en place en Egypte.
Amnesty International a critiqué les procès, constatant une série de « violations » des procédures, d’autant plus que le procureur a échoué à présenter une preuve « irréfutable » de la liaison des journalistes avec une organisation terroriste.
« Une honte totale », c’est avec ces termes que Luther a qualifié ces procès, estimant que l’emprisonnement des journalistes est une « parodie et un simulacre de justice ».
Un tribunal égyptien avait condamné, plus tôt dans la journée du lundi, 18 accusés dans l’affaire dite de la « cellule de Marriott », plus connue sous le nom de « l’incitation de la chaine qatarie al-Jazeera en Egypte », à des peines d’emprisonnement oscillant de 3 à 10 ans, selon des sources judiciaires.