AA/ N’Djamena/ Mahamat Ramadane
Au lendemain des explosions du lundi, dans la capitale N'Djamena, une enquête a été ouverte afin d'identifier les coupables et leurs complices, a indiqué à Anadolu le procureur de la République tchadienne.
Le Haut Commissariat National de Déminage (HCND) du Tchad a procédé, mardi, à la vérification de deux voitures suspectes ainsi que d'autres objets sur les lieux des explosions survenues, lundi, dans l'école de police et le commissariat central de N'Djamena.
Ces opérations ont permis de retrouver un détonateur électrique de fabrication artisanale, a déclaré à Anadolu, Mahamat Yacoub Koutougou, chef des opérations de déminage sur le terrain.
La même source a précisé que les forces de la police ont procédé à la vérification des véhicules stationnés dans les environs des lieux des explosions sans rien y relever de suspect. Elles ont également rassemblé tous les débris retrouvés pour reconstituer la nature de l'explosion.
Contacté par Anadolu, le procureur de la République, Alkassim Khamisse, a estimé que les deux attaques sont le fruit d'une préparation minutieuse et laissent supposer que des complices sont derrière.
" Dès qu'on a été informés des faits, nous nous sommes dépêchés sur les lieux accompagnés de représentants de la police scientifique que nous avons mis à contribution afin de nous aider à déterminer la nature des engins utilisés, leur type de fabrication, leur provenance. Au stade actuel de la procédure judiciaire, quelques individus ont été interpellés mais uniquement pour compléments d’information", a souligné le procureur de la République.
Le Parquet de première instance de N'Djamena a, en outre, ouvert une information pour homicide volontaire, assassinat, coups et blessures et homicide involontaire, toutes des infractions prévues et punies par le code pénal tchadien.
La capitale tchadienne N'Djamena a été le théâtre lundi de deux attentats suicide qui ont visé le commissariat central et l’école de police faisant 27 morts dont quatre parmi les terroristes selon un bilan officiel.
Une source sécuritaire, s'exprimant sous couvert de l'anonymat, avait, précisé à Anadolu que "les attaques ont été perpétrée par au moins trois kamikazes appartenant à la secte Boko Haram", contre laquelle le Tchad est engagé militairement avec d'autres pays du Bassin du Lac Tchad, depuis janvier dernier.
L'attentat, le premier de cette ampleur survenu dans la capitale tchadienne, n'a toutefois pas encore été revendiqué.
L’armée tchadienne participe depuis janvier à une offensive militaire régionale contre Boko Haram: 5.000 soldats tchadiens sont engagés dans cette opération.
Par ailleurs le Nigeria, le Niger, le Tchad, le Cameroun et le Bénin ont convenu lors d'un sommet tenu le 11 juin à Abuja de mettre sur pied "une force d’intervention conjointe multinationale (MNJTF)" afin de mieux combattre le groupe armé. une force dont le quartier général sera établi à N’Djamena et qui sera dirigée par le Nigéria.