AA / New York / Mohamed Tarek
Le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU) Ban Ki-moon a annoncé, mardi, à New York, la démission de Lakhdar Brahimi de son poste de Représentant spécial conjoint de l'Organisation des Nations Unies et la Ligue des États arabes pour la Syrie, précisant que ladite démission « entrera en vigueur le 31 mai » courant.
Dans des déclarations faites aux journalistes en point de presse tenu, mardi après-midi, Ban Ki-moon s’est dit « triste » suite au départ de Brahimi, relevant que ce dernier « restera près de ce qui se passe et nous offrira son expertise en la matière ».
Le SG des Nations Unies s’est dit convaincu « qu’il faudrait chercher une autre personne pour remplacer Brahimi », estimant « avoir besoin de temps pour choisir la personne indiquée à cette mission ».
Le Secrétaire général des Nations Unies a accusé le gouvernement syrien et les groupes armés d’avoir « échoué », tout en s’interrogeant : « Qu’est ce qui se passe en Syrie ? Il n’existe pas de solution militaire à la crise et je l’ai martelé à maintes reprises auparavant ».
« C’est l’armée syrienne et les groupes de l’opposition qui ont échoué, ils possèdent un pays à la civilisation séculaire, comment peuvent-ils le détruire de la sorte ? ».
Ban Ki-moon a fait part de la « prédisposition » de l’ONU à coopérer avec les protagonistes du conflit en Syrie, concluant : « Nous sommes prêts à œuvrer en commun pour l’avenir de la Syrie ».
Ban Ki-moon n’a pas, cependant, précisé les raisons qui auraient amené Lakhdar Brahimi à présenter sa démission. Le diplomate algérien a été reconduit à son poste, à trois reprises, depuis sa désignation le 10 août 2012.
Pour sa part, Lakhdar Brahimi, présent aux côtés de Ban Ki-moon lors du point de presse, a relevé que « la présentation de ma démission n’est pas une circonstance heureuse pour moi, dans la mesure où je quitte mon poste laissant la Syrie dans une situation lamentable ».
« Cependant, je demeure convaincu que la crise prendra fin un jour, mais combien de morts tomberont encore et quelle est l’ampleur du désastre qui frappera la Syrie avant » cet épilogue.
Et Brahimi de poursuivre : « Je me suis employé inlassablement à faire tout ce qui est en mon possible, avec le concours du Conseil de sécurité et les pays voisins à la Syrie ainsi que les protagonistes du conflit. », sans pour autant dévoiler les raisons directes de sa démission.
Le conflit armé qui sévit en Syrie entre les forces du régime et l’opposition armée, depuis le mois de mars 2011 a fait plus de 150 mille morts, selon l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (basé à Londres). Le conflit a causé, également, le déplacement de 9 millions de syriens sur un total de 22,5 millions, selon des chiffres avancés par les Nations Unies.