AA/Cameroun/Anne Mireille Nzouankeu
Des échanges de tirs ont eu lieu vendredi, dans l'extrême nord du Cameroun, près de la frontière nigériane, entre l’armée camerounaise et des hommes armés soupçonnés d’être des membres de Boko Haram, a confié une source militaire camerounaise à Anadolu.
D’après la source jointe par téléphone, à 16h00 GMT, 17h00 heure locale, l’attaque localisée à Amchidé, une ville située dans le département du Mayo-Sava, était encore en cours. « A vu d’œil et d’après l’intensité des tirs, nous avons l’impression qu’il s’agit d’au moins une centaine d’hommes »,a révèlé la source témoin de la scène. « Du renfort a été appelé et des hommes supplémentaires sont en train d’arriver », a-t-elle ajouté à Anadolu
Le 28 mai déjà, il y a eu une précédente attaque de présumés membres de Boko Haram toujours à Amchidé située à environ 25 km de la frontière avec le Nigeria. Cette attaque avait été violemment repoussée par les militaires camerounais qui ont même fait « six prisonniers. Aujourd’hui, ils sont revenus en plus grand nombre. On ne sait si c’est pour se venger ou pour tester notre puissance de frappe », a dit la source à Anadolu.
Cette énième attaque arrive au moment où près de 5000 militaires, des voitures blindées sur roues couramment appelées chars ainsi que des pièces d’artillerie ont été déplacées de Yaoundé la capitale du Cameroun pour la région de l’Extrême-Nord, frontalière avec le Nigeria. Interrogé sur le motif de ce déplacement par l’agence Anadolu le colonel Didier Badjeck, chef de la division de la communication au ministère de la Défense avait expliqué : « Nous avons compris que Boko Haram monte en puissance et dispose d’un armement tout aussi puissant. Alors nous avons procédé à une augmentation significative de nos ressources humaines et matérielles ».
Pendant l’attaque à Amchidé, les élites politiques, administratives, traditionnelles et religieuses de la région de l’Extrême-Nord était en réunion à Maroua, la capitale administrative de cette région, pour discuter de la montée en puissance du phénomène Boko Haram au Cameroun.
Au terme de la réunion, plusieurs résolutions ont été prises. La plus importante décision est « la mise sur pied d’un dispositif efficace de recherche et de transmission des renseignements aux autorités compétentes», d’après le discours publiquement lu par Djibril Cavaye Yeguié, l‘actuel président de l’assemblée nationale, à la fin de la réunion.
La région de l’Extrême-Nord du Cameroun est, depuis le début de l'année, le théâtre de plusieurs attaques et enlèvements attribués à Boko Haram. Les plus récents sont les enlèvements présumés de 10 chinois, deux prêtres italiens et d’une religieuse canadienne.