AA/ Abidjan/ Fulbert Woile
13 personnes dont 3 soldats de l'armée ivoirienne, ont été tuées, dans l’attaque subie jeudi par l’armée ivoirienne au village de Fetai, à une dizaine de kilomètres de la ville de Grabo (sud-ouest, frontières ivoiro-libériennes), a annoncé, samedi, à la presse à Abidjan, le ministre ivoirien de la Défense Paul Koffi Koffi.
"Nous avons perdu trois de nos hommes", a indiqué vendredi Paul Koffi Koffi, ajoutant que 10 civils dont 2 enfants ont également été tués.
Un premier bilan officiel rendu public vendredi faisait état d'au moins un mort. Aucune réaction n' a été enregistrée du coté libérien jusqu'à samedi midi.
Selon le ministre ivoirien Koffi, l’attaque a été menée par de bandits armés qui sévissent depuis près de deux mois dans la région, précisant que les militaires tués sont tombés dans une embuscade lorsqu’ils se rendaient au village après avoir été alertés par des villageois.
"Le calme est revenu et la situation est sous contrôle de l’armée", a-t-il assuré, soulignant que le dispositif militaire a été renforcé dans la zone et qu’un ratissage est en cours pour débusquer les assaillants.
Vendredi, lors d'un meeting à Rubino, petite ville située à 56 km au Nord d'Agboville (sud), le président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro a accusé pour sa part des jeunes de l’ethnie Kroumen d’être derrière l’assaut.
"Hier (jeudi) à Fêtai (Cote d'Ivoire) à la frontière du Libéria, des jeunes Kroumen sont rentrés avec des calibres 12 dans ce village et ont tiré. Ils ont brûlé des maisons. On a retrouvé cinq corps calcinés" a-t-il dit.
Selon des témoins joints au téléphone mercredi par Anadolu, les assaillants seraient venus du Liberia avant de traverser le fleuve Cavally (frontière naturelle entre le Liberia et la Côte d’Ivoire), pour lancer leur attaque contre le village de Fetai jeudi matin.
En février 2014, une vingtaine de personnes non identifiées, "venues du Liberia", avaient également attaqué la ville de Grabo. Le bilan a fait état de 4 soldats de l’armée ivoirienne et un assaillant tués, selon des sources officielles ivoiriennes, qui avaient remis en cause des "libériens".
En réaction, le ministre libérien de la Défense, Brownie Samoukai, avait désavouée les autorités ivoiriennes, affirmant «qu’aucun Libérien n’a lancé d’attaque où que ce soit contrairement aux allégations du gouvernement ivoirien»
«Les responsables ivoiriens ne devraient pas incriminer les Libériens et les rendre responsables de leurs crise interne, c’est un problème purement ivoirien», avait-il déclaré à Monrovia, mettant au "défi" le gouvernement ivoirien «de montrer à la communauté internationale un seul mercenaire libérien arrêté».