AA / Le Caire / Sayyed Fathi, Majdi Issam
Trois journalistes de la chaine qatarie Al-Jazeera ont été condamnés, samedi, à trois ans de prison ferme dans l’affaire de « la cellule du Marriott », a-t-on appris de sources judiciaire.
L'Australien Peter Greste, expulsé vers son pays en février dernier, le Canadien Mohamed Fadhel Fahmy et l'Egyptien Baher Mohamed ont été reconnus coupables d'avoir "diffusé de fausses informations" et d'avoir travaillé au Caire sans les autorisations nécessaires.
Trois autres co-accusés : Souhaïb Saad, Khaled Abderraouf et Chadi Abdelhamid, ont également été condamnés à la même peine, alors que deux autres : Khaled Abderrahmane et Noura Hassan El-Banna, ont été innocentés.
Les accusés dans l’affaire de « la cellule du Mariott » étaient poursuivis pour « appartenance à une organisation créée illégalement », « entrave à l’application de la Constitution et des lois », « entrave à la marche des institutions de l’Etat », « violation des libertés personnelles des citoyens », « atteinte à l’unité nationale et à la paix sociale », « attaque d’installations publiques » et « menace contre la paix et la sécurité sociales ».
Chaabane Saïd, membre du comité de défense, a indiqué à Anadolu que les condamnés peuvent de nouveau interjeter appel devant la Cour de Cassation qui se chargera cette fois du verdict et ne renverra pas l’affaire devant le Tribunal pénal.
Lors d'un premier procès en juin 2014, Mohamed Fadhel Fahmy et Peter Greste avaient écopé de sept ans de prison, alors que Baher Mohamed a été condamné à dix ans de prison. Après le premier appel, la Cour de cassation avait annulé les condamnations des journalistes employés par l'antenne anglophone d'Al-Jazeera, renvoyant l’affaire devant le tribunal et ordonnant ainsi un nouveau procès.
L’avocate britannique Amal Alamuddin Clooney a pour sa part déclaré à la presse, en marge du procès, qu'elle déposera une demande pour obtenir une grâce présidentielle.
Des expressions de colère et des protestations ont éclaté dans la salle d’audience, où étaient notamment présents plusieurs journalistes étrangers, a constaté le correspondant d’Anadolu.
Les autorités égyptiennes accusent la chaine Al-Jazeera de soutenir la confrérie des Frères Musulmans, classée "organisation terroriste" par le gouvernement fin 2013.