AA/Le Caire/Hussein Mahmoud
L’Alliance soutenant Mohamed Morsi, l'ancien président égyptien destitué, a appelé à une «vague révolutionnaire», pour commémorer le deuxième anniversaire de la répression des manifestations de la place Rbâa al-Adaouiya (est du Caire) et d’Ennahdha (ouest de la capitale), le 14 août 2013, considérant que le «projet du nouveau canal Suez, inauguré jeudi, ne constitue qu’une diversion pour faire oublier les deux massacres».
«L’Alliance nationale pour la légitimité et contre le coup d’Etat» a affirmé, dans un communiqué diffusé sur sa page officielle sur Facebook, «mettre en garde le peuple contre les illusions d'al-Sissi avec la diversion du canal (en référence au nouveau canal de Suez, qui s’ouvre jeudi), ou d'autres projets imaginaires».
L’Alliance a invité «les masses du peuple libre», à une «vague révolutionnaire et militante qui se poursuivra jusqu'à la fin du mois d’août», les appelant à des manifestations dans toutes les principales avenues du Caire pour commémorer la répression sanglante de la manifestation de la place Rabâa.
Les pro-Morsi ont considéré, dans le communiqué, que l’inauguration du nouveau canal de Suez, jeudi, «n’est qu’une diversion, pour faire oublier aux Egyptiens le deuxième anniversaire des massacres de Rabâa, et d’Ennahdha».
Le 14 août 2013, l’armée et la police égyptiennes avait dispersé, par la force une manifestation des partisans de Mohamed Morsi, sur les places de Rabâa al-Adaouiya, et d’Ennahdha, au Caire, faisant au moins 632 morts, dont huit policiers, selon le «Conseil national pour les droits de l'homme» en Egypte (gouvernemental). De leur côté, des organisations de défense des droits humains locales et internationales (non gouvernementales), ont estimé le nombre des victimes à environ un millier.
L'Egypte a assisté, au cours des dernières semaines, a une importante campagne médiatique gouvernementale, pour l’inauguration du nouveau canal de Suez, mettant en avant, selon des observateurs, les répercussions positives du projet sur la vie des citoyens. Des opposant considèrent, pour leur part, ces promesses, comme «largement exagérées».
Le président égyptien Abdelfattah al-Sissi a donné le coup d’envoi du «projet pharaonique» du nouveau canal de Suez le 5 août 2014 et avait annoncé qu'il sera réalisé en un an.
Le nouveau canal de Suez est une seconde voie de navigation parallèle à la voie déjà existante. Officiellement, le projet devrait «permettre aux navires d’effectuer en même temps la traversée dans les deux sens, assurant ainsi un gain de temps, et plus de recettes pour l’Egypte».
Les autorités égyptiennes ont annoncé un état d'alerte maximale pour l’inauguration du nouveau canal, ce jeudi.
Des opposants égyptiens considèrent que le projet de «développement de l’axe du canal de Suez» présenté par Morsi en 2012, est plus important que la voie navigable limitée inaugurée jeudi. Le projet en question de l’ancien président égyptien visait, selon eux, à établir une zone de développement industriel, agricole, et commerciale, intégrée, dans le but d'attirer les investisseurs étrangers. Mais l’éviction de Morsi, le 3 juillet 2013, a empêché la réalisation du projet.