AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Les jeunes issus de l'immigration souffrent de la discrimination et du manque de perspectives d'emploi dans les pays de l'Union européenne (UE) et les Etats membres de l'OCDE, selon le dernier rapport de l'OCDE.
Dans son rapport "Les indicateurs de l’intégration des immigrés 2015 : Trouver ses marques" paru jeudi, l'OCDE a fait l'état du statut professionnel des jeunes issus de l'immigration en comparaison à celui des jeunes dont les deux parents sont nés dans le pays. D'après ces résultats, le taux de chômage chez les jeunes issus de l'immigration au sein de l'Union européenne (UE) est 50% plus élevé que celui des jeunes dont les parents sont nés dans le pays.
La situation professionnelle des jeunes immigrés est meilleure que celle de leurs parents à leur arrivée dans le pays d'immigration, a reconnu l'OCDE ajoutant pourtant que ces jeunes se sentent plus fréquemment discriminés en raison de leurs origines que ne le sont leurs parents. En effet, un jeune immigré sur cinq estime être victime de discrimination, a déploré le rapport.
La France et l'Espagne ont eu les pires bilans en terme de perspectives d'emploi des jeunes issus de l'immigration, parmi les pays membres de l'UE. Près d'un jeune immigré sur deux en Espagne et d'un jeune immigré sur quatre en France disent avoir eu des difficultés à trouver du travail. Le taux de chômage de ces jeunes est par conséquent particulièrement élevé dans ces pays, qui atteint 16% en France (contre 9,1% pour les jeunes non-issus de l'immigration) et 35,3% en Espagne (contre 23,7% pour les jeunes non-issus de l'immigration).
Les jeunes immigrés souffrent par ailleurs du phénomène de "surqualification" au travail dans les pays de l'UE. En effet, 42% des jeunes étrangers très qualifiés se trouvent obligés d'accepter des postes qui demandent un niveau d'éducation inférieur, soit deux fois la part de ceux qui possèdent un diplôme du pays d’accueil.