Yıldız Aktaş,Tuncay Çakmak
05 Février 2019•Mise à jour: 06 Février 2019
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a averti les Etats-Unis que la Turquie ne pourra attendre éternellement que la feuille de route sur Manbij soit appliquée et que les terroristes du YPG/PKK quittent cette région de la Syrie.
Le Chef de l’Etat turc s’est exprimé, mardi, lors de la réunion de groupe de son mouvement politique, le Parti de la Justice et du Développement (AK Parti), au Parlement turc à Ankara.
Erdogan a d’abord voulu exprimer une nouvelle fois la position de la Turquie concernant la Syrie et la lutte contre les groupes terroristes présents sur ce territoire.
"La Turquie est respectueuse de l'unité territoriale et administrative de la Syrie et du droit de son peuple à définir lui-même son avenir. Pour cela, nous soutenons de manière sincère le processus de rédaction d'une nouvelle constitution et d'organisation d'élections libres", a-t-il rappelé.
Mais ceci ne signifie pas qu’Ankara restera inactif face à la menace terroriste qui le vise à sa frontière sud.
"Si les terroristes ne sont pas poussés à quitter Manbij dans quelques semaines, notre délai d'attente prendra fin", a-t-il prévenu.
Mais l’impatience de la Turquie ne se limite pas à Manbij, elle concerne aussi la présence du YPG/PKK et de Daech à l’Est de l’Euphrate.
"Si la possibilité de déterminer sa propre administration à l'Est de l'Euphrate n'est pas assurée dans quelques mois à la population locale, avec le soutien de la Turquie, alors notre délai d'attendre prendra aussi fin", a-t-il ajouté.
Le Président turc a voulu souligner la détermination de la Turquie à ce sujet, malgré les réticences ou menaces de certains pays, notamment de responsables américains et européens.
"Aucune menace, y compris des sanctions, ne pourra nous détourner de notre route", a-t-il lancé.
Sur la politique internationale, Erdogan a également dénoncé avec fermeté la politique de l’administration Trump, et des pays qui l’ont suivi, au sujet du Venezuela.
"Le Venezuela est-il une de tes provinces ? Comment peux-tu demander à un homme élu de quitter le pouvoir ? Comment peux-tu confier la présidence du pays à un homme qui ne s'est même pas présenté aux élections ? Où est la démocratie ? Peut-on accepter une telle approche ?", a-t-il lancé, renouvelant ainsi son soutien au président Maduro.
Erdogan a, pour finir, répondu aux allégations lancées par certains partis d’opposition turque concernant la situation de l’économie turque.
"La Turquie a refermé le cahier FMI en mai 2013 et elle ne le rouvrira pas", rejetant tout nouvel accord d’endettement avec le Fond Monétaire Internationale.
Enfin, le président turc a fait savoir son intention de demander au Parlement d’adopter une loi pour relier la banque turque "İş Bankası" appartiendra au Trésor.