AA/al-Anbar/Souleyman Qoubeissi
Un officier supérieur de la première unité de l'armée irakienne dans la province d'al-Anbar (Ouest), a affirmé lundi, que le commandant de l’unité a été démis de ses fonctions en raison de sa responsabilité dans la dégradation de la situation sécuritaire.
Le colonel Walid al-Dulaimi a déclaré à Anadolu que «le commandant de la première division de l'armée irakienne, le général Moussa Kataâ, a été démis lundi de son poste de commandant de l’unité, sur ordre du Commandement général des forces armées irakiennes».
Dulaimi a déclaré que «la raison du limogeage réside dans la dégradation de la situation sécuritaire sous la responsabilité de la première unité, la mauvaise direction de l’unité, et la gestion des opérations militaires dans le district de Karma, à 53 km à l'est de Ramadi».
Le colonel a indiqué «qu’aucun remplaçant n’a été nommé (jusqu'à 11:40 GMT), mais qu’il est probable qu’un nouveau chef militaire soit désigné au cours des prochaines 24 heures».
Le général Moussa Kataâ avait été nommé commandant de la première unité le 28 avril dernier, après la mort de son prédécesseur lors des affrontements face à l’EIIL à Nadhem Tharthar, au nord de Falloujah.
De son côté, Sabah Karhout, président du conseil de la province d'al-Anbar a déclaré à Anadolu lundi que «des milliers de familles fuyant la ville de Ramadi, et d'autres zones de la province d'al-Anbar prises par l’EIIL, attendent, devant le pont de Bazibez, sur l'Euphrate (à environ 40 km au sud-ouest de Bagdad)».
Karhout a souligné que «les autorités interdisent aux déplacés l’accès à Bagdad, parce que la ville n’a plus la capacité d’accueil suffisante». Le responsable d’al-Anbar a exhorté le Premier ministre Haider al-Abadi à « ouvrir immédiatement l’accès au pont pour permettre aux familles de déplacés de rejoindre la capitale », et à leur « fournir un endroit sûr, de la nourriture et de l'aide humanitaire d'urgence ».
Selon des responsables locaux, les autorités empêchent les déplacés d’accéder à Bagdad en raison de leur incapacité à accueillir un plus grand nombre de familles d’al-Anbar, mais aussi à titre de précaution, de crainte que des éléments de l’EIIL ne tentent de s’infiltrer dans la ville.
Pour sa part, le commandant de l'armée irakienne, Abdul Rahman al-Jubouri, a déclaré à Anadolu qu’une «explosion d’origine inconnue a eu lieu dans l’une des bases de l'organisation terroriste EIIL dans la région de Hamam al-Alil (30 km au sud de Mossoul), tuant 11 de ses membres et blessant plusieurs autres».
Il a estimé que «l'explosion a eu lieu à l'intérieur d'un entrepôt d’explosifs ou de munitions», car il a affirmé ne pas avoir observé «d'avions survolant la région du sud de Mossoul, dans la matinée, lors de l’incident ».
L’EIIL a totalement pris le contrôle, dimanche, de la ville de Ramadi, après le retrait des forces policières et militaires irakiennes, selon un responsable du gouvernement irakien.