AA/Bagdad/Ibrahim Saleh
Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi, a affirmé, lundi, que des responsables de l’Etat de haut rang, ont refusé la décision du Conseil des ministres de réduire leurs salaires, dans un effort destiné à réduire les disparités entre les revenus des fonctionnaires.
Abadi a déclaré, lors d’une conférence, à Bagdad que «les mesures prises dans le cadre de la réforme sont rejetées par les fonctionnaires de l'Etat».
Il a expliqué que des responsables au sein du Parlement et de la présidence et le gouvernement ont refusé la décision du gouvernement de baisser leurs salaires.
Le Conseil des ministres irakien avait décidé, le 21 juillet dernier, de réduire de moitié les salaires des responsables du gouvernement, de la présidence de la République, et du Parlement.
Le gouvernement avait pris cette mesure pour contenir la colère populaire contre les mauvais services et la corruption dans le pays, mais également afin de réduire les graves disparités entre les salaires des fonctionnaires.
Le Premier ministre de l'Irak a affirmé que la Commission de l'intégrité (gouvernementale) sera chargée de former des équipes spéciales pour enquêter sur l’origine de la fortune des responsables.
L'Irak est classé parmi les pays les plus corrompus dans le monde, selon la dernière étude annuelle de Transparency International.
Des manifestations ont eu lieu, dans la plupart des provinces du pays, au cours des dernières semaines, pour protester contre la mauvaise qualité des services publics, et en particulier contre la fréquence des coupures du courant électrique.
Abadi, avait mis en garde, samedi, dans un discours diffusé par la télévision, contre la vague de protestations populaires, la considérant comme une «sonnette d’alarme» pour l’Etat. Le Premier ministre irakien a, par ailleurs, appelé les responsables de son gouvernement à agir rapidement pour répondre aux besoins des citoyens.
L'Irak souffre d'une crise financière à la suite de la baisse des prix du pétrole sur les marchés mondiaux, et l'augmentation des dépenses, en particulier militaires. Des centaines de projets dans toutes les provinces du pays ont d’ailleurs été suspendus. Et le gouvernement a déclaré son incapacité à honorer une dette d’environ 7 milliards de dollars due à des sociétés.