AA / Al-Anbar (Irak) / Mohamed Duleimi, Suleiman al-Kabissi
Une nouvelle vague de déplacés fuyant la province d’al-Anbar (ouest de l’Irak) se dirigent vers la capitale Bagdad, alors que l’EIIL progresse vers d’autres régions à l’est de Ramadi, capitale de la plus vaste province du pays, a indiqué une source de la police locale.
« L’EIIl a mené une large offensive, vendredi matin, sur la région d’al-Fallahat (40 km à l’est de Ramadi), moyennant trois voitures piégées conduites par des kamikazes qui ont pu approcher les groupements de militaires et de policiers. Les forces de sécurité sont parvenues à en éliminer deux avant qu’ils ne déclenchent leurs charges, alors que le 3e a réussi à faire exploser son véhicule», a déclaré à Anadolu la source policière ayant requis l’anonymat.
Elle a ajouté que l’explosion de la 3e voiture a fait des morts et des blessés parmi les forces de sécurité [sans en préciser le nombre], et que les combats se poursuivaient encore contre l’EIIL à 12:30 GMT.
L’EIIL a progressé vers al-Khalidiya (20 km à l’est de Ramadi), a par ailleurs indiqué la source, précisant que de violents affrontements se déroulent à l’entrée de la ville.
Un important nombre de familles fuient al-Khalidiya et la ville proche d’al-Habbaniya (également à l’est de Ramadi), en direction du pont de Bzibez, sur l’Euphrate (à environ 40 km à l’ouest de Bagdad), et qui relie al-Anbar à la capitale irakienne.
«Des centaines de familles déplacées marchent à pied, dans le désert, sous une chaleur torride et les tempêtes de sable qui frappent al-Anbar», a-t-il déploré.
Arkan Khalaf Tarmouz, membre du conseil régional d’al-Anbar a appelé le gouvernement irakien à ouvrir le pont de Bzibez, unique accès à Bagdad depuis al-Anbar, pour accueillir les familles déplacées, notamment les cas humanitaires menacés de mort par la chaleur, la faim et la soif.
Dimanche dernier, l’EIIL a pris le contrôle total de Ramadi, chef lieu de la province d’al-Anbar qui fait à elle seule près du tiers de la surface de l’Irak, après le retrait des forces policières et militaires irakiennes, selon un responsable du gouvernement irakien.
Cette offensive a été perçue comme un coup dur pour l’importante campagne militaire menée par le gouvernement irakien et la coalition internationale dirigée par les Etats Unis qui continuent, depuis l’été dernier, à bombarder ce qu’ils estiment être des positions de l’EIIL en Irak.