AA - Londres - Bilal Muftuoglu
La libération, dimanche, du journaliste australien d'Al Jazeera Peter Greste suite à un an de prison en Egypte ne devra pas ''éclipser les souffrances continues'' de deux autres journalistes de la chaîne d'information qatarie, toujours détenus en Égypte, selon Amnesty International, qui appelle à leur libération immédiate.
Malgré ''le palliatif bienvenu'' que représente la libération de Greste, ''il est essentiel que le monde n'oublie pas le calvaire de Baher Mohamed et Mohamed Fahmy qui sont toujours derrière les barreaux au Caire'', a souligné Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International.
Affirmant que les trois hommes font face à des ''fausses accusations'', Sahraoui a insisté que la détention de Mohamed et Fahmy est ''injustifiée''.
D'après la directrice adjointe, la libération de Greste, qui survient quelques semaines après l'accord entre les autorités égyptiennes et qataries prouverait davantage que les trois journalistes ''ont été utilisés comme des pions sur l'échiquier politique''.
Le rapatriement de Greste survient en application de l’article premier de la loi 140 de l’année 2014 qui accorde au chef de l’Etat, Abdel Fattah al-Sissi, le droit de rapatrier des accusés étrangers vers leurs pays pour purger la durée de la peine encourue.
Un tribunal du Caire avait condamné au mois de juin dernier trois journalistes évoluant dans le procès d’incitation de la chaîne qatarie d’expression anglaise connue médiatiquement sous le nom de "La Cellule du Marriott" à des peines allant de 7 à 10 ans de prison, ce qui avait suscité des critiques internationales à large échelle.
Ils étaient accusés d'avoir "diffusé de fausses informations" en "soutien" aux Frères musulmans.