AA/Tunis/ Yosra Ouanes
Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Morteza Sarmadi a déclaré que «l'accord avec les grandes puissances n’affecte pas le programme nucléaire pacifique de l’Iran».
Le responsable a affirmé, lors d'une conférence de presse tenue lundi matin à la résidence de l'ambassadeur d'Iran à Tunis: «Nous avons accepté certaines limitations qui n’affectent pas l’évolution normale du programme, et nous avons supprimé certains aspects susceptibles de provoquer une préoccupation légitime de la communauté internationale».
Sarmadi a ajouté : «Nous avons cessé d'enrichir de l'uranium à 20% parce que nous n’en avons pas besoin actuellement ».
Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères a affirmé dans ce contexte: «L’Iran dispose d’un programme industriel nucléaire, pacifique dans toutes ses dimensions, sans aucune aide étrangère». Evoquant le déroulement de «négociations sur les détails de l’accord jusqu’à fin juin», Morteza a affirmé qu' «en cas d’accord, le Conseil de sécurité émettra une résolution levant toutes les sanctions contre l'Iran».
Des responsables occidentaux ont annoncé le 2 avril, qu’un accord-cadre a été conclu avec Téhéran, prévoyant la levée des sanctions imposées à l’Iran, contre la réduction de plus de 2/3 de l’enrichissement de l’uranium iranien et son contrôle durant une période de 10 ans. Cet accord est préalable à un accord final qui devra être conclu avant le 30 juin prochain entre l'Iran et le groupe des 5 + 1, qui comprend les États-Unis, la Russie, la Chine, la Grande-Bretagne et la France, en plus de l'Allemagne.
En ce qui concerne le dossier du Yémen, Sarmadi a affirmé que sa visite en Tunisie a notamment pour objectif l’examen de cette question. Il a affirmé à cet égard :
«L'Iran soutient l'établissement d'un dialogue parrainé par un pays neutre comme le Sultanat d'Oman», soulignant «qu’aucune partie, au Yémen ne peut réussir en gouvernant seule».
Il a précisé que «le succès ne peut être atteint qu'avec la participation de toutes les parties politiques, mais sans les groupes extrémistes et terroristes».
Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères a également réitéré «la condamnation de l’Iran de cette erreur stratégique et de cette attaque injustifiée sur le Yémen».
«On ne peut justifier cette attaque pour ramener un Président de la République qui s’est enfui de son pays et détruire un Etat et son infrastructure».
Morteza Sarmadi a appelé les pays de la coalition à cesser «ces attaques» et à autoriser l'acheminement de l'aide humanitaire aux victimes.
Depuis le 26 mars dernier, l’aviation de la coalition menée par l’Arabie Saoudite continue de bombarder des positions houthies au Yémen dans le cadre de l’opération "Tempête de fermeté", lancée à la demande du président Abdrabbo Mansour Hadi. Celui-ci a appelé à intervenir militairement pour "protéger le Yémen et son peuple de l’agression des milices Houthies".
La coalition est composée de cinq pays du Golfe: Arabie Saoudite, Bahreïn, Qatar, Koweït et Emirats Arabes Unis ainsi que du Maroc, du Soudan, de la Jordanie et de l’Egypte. Les Etats-Unis d'Amérique avaient annoncé qu’ils assuraient une aide logistique et de renseignement.