AA/Bamako/Baba Ahmed
Des leaders de l’opposition malienne se sont rendus, lundi, à Gao (Nord-Mali) pour "apporter leur contribution à la réconciliation" à la suite d’une violente manifestation contre la mission de l'ONU (Minusma) qui a fait 3 morts dans la ville, la semaine passée, a indiqué à Anadolu Tiebilé Dramé, président du parti PARENA (Parti pour la renaissance nationale).
Après la visite du président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta à Gao, jeudi dernier, c’est à présent au tour de l’opposition malienne de témoigner son soutien aux habitants de Gao et de "présenter ses condoléances aux familles éplorées et apporter sa contribution au retour au calme et à la réconciliation", selon un communiqué de l'opposition dont Anadolu a reçu copie.
"Nous sommes à Gao pour apporter un message d'apaisement et de réconciliation. Nous avons rendus visite aux blessés à l'hôpital de Gao et aux familles de victimes avant de rencontrer toutes les forces vives de Gao" a détaillé Dramé, membre influent de l'opposition malienne.
"Les leaders de l’opposition nous ont fait passer le même message que le président de la République en nous disant que la MINUSMA n’est pas notre ennemie. Ils nous ont rassuré en nous disant que l’armée malienne serait déployée partout au Mali", a déclaré Aboubacrine Bouhainata, un leader de la jeunesse de Gao, joint par Anadolu.
La délégation de l’opposition a remis aux victimes de la marche de Gao qui a coûté la vie à trois personnes, une somme de 2.5 millions de Fcfa (5000 dollars) dont 1.5 millions FCFA (3000 dollars) pour les familles endeuillées et 1 million pour les blessés (2000 dollars).
Cette délégation partie de Bamako lundi matin est composée, entre autres, des présidents du Fare (Forces alternatives pour le renouveau et l’émergence), Modibo Sidibé ; du Parena (Parti pour la renaissance nationale), Tiébilé Dramé ; du PDES ( Parti pour le Développement Economique et la Solidarité), Ahmadou Abdoulaye Diallo.
Plus d'un millier de manifestants s'étaient rendus dans le quartier général de la Minusma à Gao, afin de protester contre un projet d'un accord de zone temporaire de sécurité que voulait signer la force onusienne et la coordination des mouvements de l'Azawad (CMA-plateforme réunissant des groupes armés séparatistes Touareg).
Les manifestants estimaient que cet accord, permettrait, sur le long terme, que les groupes armés séparatistes obtiennent l'autonomie de l'Azawad à laquelle ils sont opposés.
Selon les témoignages recueillis par Anadolu, les manifestants avaient lancé des cailloux sur les casques bleus tandis que ces derniers ont répliqué par des tirs lacrymogènes. Certains manifestants ont assuré que les casques bleus avaient fait usage de tirs à balles réelles, action que la Minusma a, de son côté, formellement démenti.