AA - Paris - Bilal Muftuoglu
La France a condamné l'attentat mené mercredi en fin de matinée au musée du Bardo (proche banlieue de la capitale Tunis), mitoyen du Parlement, par des individus armés, ayant fait au moins une dizaine de morts.
''Nous condamnons avec la plus grande fermeté cette attaque terroriste'', a déclaré le Premier ministre français Manuel Valls lors d'une conférence de presse à Bruxelles où il est en visite pour la réunion de la Commission européenne. Selon Valls, cette ''attaque terroriste'' contre le musée de Tunis ''illustre cruellement les menaces auxquelles nous sommes tous confrontés en Europe, en Méditerranée, dans le monde''. Il a aussi évoqué une ''prise d'otages'' qui serait en cours dans le musée.
S'exprimant depuis le musée du Louvre à Paris, le président français François Hollande a indiqué: ''Nous sommes tous concernés comme nous sommes concernés lorsque des œuvres, qui sont le patrimoine de l'humanité, sont détruites''. Evoquant à cet égard la récente destruction des pièces archéologiques dans un musée en Irak. ''Nous devons faire en sorte que, malgré les épreuves que connaissent l'Irak et la Syrie, nous puissions agir'', a-t-il martelé.
Les parlementaires français ont aussi vivement réagi à l'attentat de Tunis, notamment par les messages qu'ils ont diffusés sur Twitter. Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale (Parti socialiste - PS), a fait part de son ''émotion'' et ''inquiétude'' suite à l'attentat, tandis que Razzy Hammadi, député de Seine-Saint-Denis (PS), a noté ''la Tunisie est grande. La terreur ne la fera pas plier, rien ne fera reculer son peuple. Ni la haine, ni la peur''. Luc Chatel, député de la Haute-Marne de l'opposition (Union pour un mouvement populaire - UMP), a mis en relief sa solidarité avec les Tunisiens qui ''ont engagé un processus de démocratisation et de modernisation irréversible.''
Le ministre des Affaires étrangères français Laurent Fabius avait par ailleurs reçu mercredi matin son homologue tunisien Taïeb Baccouche au Quai d'Orsay.
D'autre part, un centre de crise du quai d'Orsay est mobilisé et un numéro d'urgence a été mis en place, a fait savoir Romain Nadal sur Twitter, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères.