AA/Yaoundé/James Ntog
L'armée camerounaise a libéré 24 de la centaine d'otages enlevés dimanche par le groupe armé, Boko Haram, dans la région de l'Extrême Nord, a déclaré lundi à Anadolu, le porte-parole du ministère camerounais de la Défense, le colonel Didier Badjeck.
Cette libération d'otages a eu lieu dimanche alors que les forces de défense camerounaises poursuivaient les assaillants qui avaient enlevé près d'une centaine de personnes parmi lesquelles environ 50 jeunes de 10 à 15 ans, a précisé la même source, sans donner de détail sur les circonstances de cette libération.
Toutefois, une source sécuritaire jointe par Anadolu, a indiqué que ces ex-otages, ont plutôt été retrouvés par l'armée camerounaise alors qu'elle poursuivait les combattants de Boko Haram.
"Les 24 personnes ont étè abandonnées par Boko Haram alors qu'ils fuyaient vers le Nigeria. C'étaient les plus faibles. On suppose qu'ils ralentissaient les assaillants dans leur fuite", a raconté la source sous couvert de l'anonymat.
Une centaine de villageois ont été enlevés dimanche à Mabass, une localité voisine de la ville camerounaise "Tourou", elle-même située à un kilomètre à peine du Nigeria. Seul un fleuve sépare Mabass du Nigéria.
D’après les premiers témoignages recueillis par l’armée camerounaise, des éléments de Boko Haram auraient traversé le fleuve dimanche au petit matin et attaqué les villages qui se trouvent le long de ce fleuve parmi lesquels le village Mabass.
Alertés, les forces de sécurité camerounaises étaient alors intervenues et il y a eu échange de coup de feu entre les deux camps. « Avant de retraverser le fleuve pour s’enfuir vers le Nigeria, les Boko Haram ont incendié le village et volé le bétail qui s’y trouvait »,avait déclaré une source sécuritaire à Anadolu.
Cette énième attaque de Boko Haram est survenue quelques heures seulement après l’arrivée au Cameroun des troupes tchadiennes venues en renfort dans la lutte contre Boko Haram.
Depuis quelques mois l’armée camerounaise fait face au niveau de l’extrême-nord du pays à des incursions répétées du groupe armé qui a promis au pays de faire subir le même sort qu'au Nigéria voisin, où plus de deux-mille personnes ont été récemment tuées à Baga, dans le Nord-Est, d'après l'ong Amnesty International.