AA / Le Caire / Islam Messaad
Le ministère égyptien des Affaires étrangères a condamné, jeudi, l’explosion qui a ciblé le périmètre de l'ambassade d'Egypte à Tripoli, tôt dans la journée, qualifiant l’acte « d’attentat terroriste criminel ».
Dans un communiqué rendu public, jeudi, et dont Anadolu a eu copie, le ministère a indiqué que ces explosions «suscitent des doutes quant à l’utilité de lancer un dialogue politique et national avec des groupes obscurantistes et terroristes qui refusent de remettre les armes et de renoncer à la violence et au terrorisme ».
Deux voitures piégées ont explosé, très tôt le jeudi, devant les ambassades égyptienne et émiratie à Tripoli, sans faire de victimes, selon des témoins oculaires.
« Ces viles explosions terroristes et ces actes criminels portent atteinte aux aspirations du peuple libyen à la liberté, à la stabilité et à la sécurité et sapent l’opération d’édification des institutions de l’Etat », a ajouté le communiqué de la diplomatie égyptienne.
De son côté, la partie émiratie n’a pas commenté l’attaque qui a ciblé son ambassade.
Des dirigeants des forces armés «Fajr Libya», qui contrôlent la capitale Tripoli, ont accusé, récemment, l’Egypte et les EAU de mener des raids contre leurs positions en Libye, ce qui avait été rejeté en bloc par Le Caire et Abou Dhabi, qui ont, cependant, annoncé leur soutien au parlement de Tobrouk (Est) et au gouvernement qui en est issu.
La Libye est secouée depuis plusieurs mois par un conflit armé dans plusieurs villes, notamment, celles de Tripoli (Ouest) et de Benghazi (Est).
Une crise politique oppose, par ailleurs, deux courants, libéral et islamiste, qui ont généré deux ailes au pouvoir, chacune possédant ses propres institutions (parlement, gouvernement, état-major de l’armée).
Il s’agit de la chambre des députés élue en juin dernier qui tient ses assises à Tobrouk (Est) et un gouvernement qui en est issu conduit par Abdallah al-Théni.
Le second protagoniste est le Congrès National Général (ancien parlement qui a repris ses séances dernièrement) et un cabinet présidé par Omar al-Hassi.