AA/Bamako/Baba Ahmed
Le leader de la Coordination des mouvements armés de l’Azawad (Nord du Mali), Mahamdou Djeri Maiga, arrêté, jeudi dernier, à Abidjan, par Interpol en possession de près d'1.2 million de dollars, s'est dit certain, dans une déclaration à Anadolu, que "Bamako est à l'origine de son arrestation dont le but est de déstabiliser la coordination".
Aucune réaction du gouvernement malien n'a pu être obtenue jusqu'à 18h45 GMT, lundi.
Maiga, également vice-président du Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA- rébellion touarèg), explique avoir été arrêté à l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan alors qu’il était en transit pour Ouagadougou.
« Lorsque je suis arrivé, avec un autre membre du MNLA à l’aéroport d’Abidjan, un policier m’a notifié gentiment qu’il y avait un problème et que je devais le suivre», a expliqué Maiga.
« Arrivé au poste, un commissaire a affiché sur l’écran de son ordinateur un mandat d’arrêt émit à mon encontre par Bamako pour banditisme, vol, viol, meurtre… J’ai expliqué que ce mandat était levé depuis le 15 juin dernier mais le commissaire m’a répondu que les autorités maliennes leur ont demandé de m’arrêter », a affirmé le leader.
Les policiers ivoiriens «m’ont placé dans une cellule. Entre temps, j’ai pu appeler les autres dirigeants de la CMA pour les informer et vers 18 heures, j’étais libéré », raconte-t-il.
Jeudi, la presse malienne avait largement rapporté que Maiga a été arrêté en possession d’une somme de 600 millions de FCFA (1.2 million USD).
Une source sécuritaire ivoirienne jointe par Anadolu, a également indiqué que Maiga voyageait avec l’argent liquide réparti dans deux valises, en liasses de billets emballées dans du cellophane, mais que les autorités ivoiriennes ne détenaient aucune preuve quant à l’origine des fonds et ignoraient s’ils étaient destinés à financer des groupes terroristes en Côte d’Ivoire.
Mais Maiga a fermement démenti l’information. «J’avais sur moi un sac à main dans lequel se trouvait un ordinateur et les documents de travail en rapport avec l’accord de paix (inter-malien signé le 20 juin dernier) et il y a un procès-verbal qui peut le prouver », a affirmé Djeri Maiga.
«Toutes ces attaques dans la presse sont orchestrées par les autorités maliennes qui visent à décrédibiliser les leaders des mouvements armés et déstabiliser la coordination des mouvements de l’Azawad », a-t-il encore déclaré, ajoutant que « si le Mali veut rétablir la paix, ces pratiques doivent cesser ».
La signature de l'accord de paix inter-malien le 20 juin dernier à Bamako, par la CMA (qui réunit les groupes armés du Nord-Mali), venue s'ajouter à celles du gouvernement et des mouvements pro-Bamako est censée contribuer à une amélioration de la situation politique et sécuritaire au Mali, surtout dans le Nord, selon certains observateurs.
D’autres doutent cependant de son efficacité, compte tenu de la complexité de la situation sur le terrain.