AA/Desk
Le président rwandais Paul Kagame a condamné, jeudi, à Kigali, "l'arrogance" et "le mépris" de l'Occident après l'arrestation, samedi dernier, à Londres, de son chef des services de renseignements, Emmanuel Karenzi Karake, en vertu d'un mandat d'arrêt européen émis par l'Espagne.
«L'arrestation du chef des services de renseignements du Rwanda est basée sur l'arrogance absolue et le mépris de l'Occident. Ils doivent l'avoir pris par erreur pour un immigrant illégal. Ils nous traitent tous comme ils traitent les immigrants illégaux», a déclaré le président Kagame, dans un discours tenu devant le parlement rwandais, cité par les médias locaux.
«Les Noirs sont devenus des cibles pour s'entrainer à tirer», a-t-il déclaré avant d’ajouter que les occidentaux «veulent masquer leur responsabilité en disant que ce n’est pas nous mais ce sont les sauvages africains qui s’entretuent».
Le chef de l’Etat rwandais a par ailleurs remis en cause le droit de la Grande Bretagne d’appliquer un mandat d’arrêt espagnol émis en 2008.
«Quel droit à ce pays de l’arrêter de cette manière ? C’est de l’arrogance absolue», a-t-il jugé.
Aucune réaction des autorités britanniques n’a été enregistrée jusqu’à 15h45 GMT mais selon l’ambassade britannique à Kigali, cette arrestation répond «à des obligations légales».
Le général Karake, est l'une des figures de l'ancienne rébellion à dominante tutsi du Front patriotique rwandais (FPR, aujourd'hui au pouvoir) de Paul Kagame, qui a mis fin au génocide de 1994 qui a fait 800.mille morts, principalement des tutsi.
Karake est poursuivi depuis 2008 par la justice espagnole pour "génocide, crimes de guerre, crimes contre l'humanité et terrorisme" en lien avec le conflit rwandais.
Il est également accusé d'être impliqué dans l’assassinat de trois membres de l’ONG Medico del Mundo, la branche espagnole de médecins sans frontières en1997, selon Scotland Yard.