AA - Bruxelles - Nur Gülsoy
L'organisation de l'Etat islamique et du Levant (EIIL) et les groupes armés qui lui sont liés, ont un projet à l'échelle mondiale, selon Gilles De Kerchove, Coordinateur de l'Union européenne (UE) pour la lutte contre le terrorisme.
"Ils veulent montrer que ce qu'ils font fait partie d'un projet à l'échelle mondiale", a déclaré Gilles De Kerchove.
Il a souligné que la transformation de l'EIIL en un califat indiquet que l'organisation a une tendance internationale et se trace un objectif mondial, relevant que cette situation ajoute une nouvelle précoccupation. "Le niveau d'activité de l'EIIL nécessite une action militaire, sans doute." a-t-il précisé.
"L'une des sources d'inquiétude est le nombre, a expliqué le coordinateur de l'UE à propos des Européens qui ont rejoint les combattants de l'EIIL. Il n'y avait eu aucune période où autant d'Européens étaient partis pour adhérer à de tels groupes. De plus, les événements survenus en Irak et la proclamation d'un califat par l'EIIL, laissent penser que de nouveaux combattants peuvent être recrutés. En outre, l'EIIL s'est enrichi en pillant les banques lors des attaques à Mossoul, donc ils disposent de ressources supplémentaires pour planifier de nouvelles attaques."
Le nombre d'Européens partis pour combattre en Syrie et en Irak dépasse les deux mille, d'après Gilles De Kerchove.
"Selon la dernière étude de Thomas Hegghammer, un chercheur norvégien, un sur neuf individus souhaitant s'impliquer ou s'impliquant déjà dans les attaques sont des personnes qui ont déjà participé au combat à l'étranger. Cela donne une idée sur les chiffres", a-t-il précisé.
Relevant que ces individus combattant en Syrie et en Irak pourraient entreprendre des attaques à leur retour en Europe, De Kerchove a affirmé: "je n'ai pas d'idée sur le type d'attaque. J'estime personnellement que des attaques éventuelles seraient à petite échelle mais très sanglantes. Nous avons renforcé notre immunité et développé nos mécanismes depuis l'événement du 11 septembre, donc j'estime que nous sommes beaucoup plus prêts qu'auparavant ."
"Il y a aussi eu des attaques en Turquie et ce pays connait très bien le coût et les conséquences de ce qui se passe à ses frontières, a précisé De Kerchove. Nous avons lancé une coopération importante en terme de partage de renseignement, de sécurité frontalière et aérienne. La Turquie fait des efforts mais personne ne détient une baguette magique.", a-t-il fait remarquer.
Rappelant la coopération entre l'UE et les communautés musulmanes en Europe en ce qui concerne "les combattants européens", De Kerchove a conclu: "nous coopérons. La Commission européenne a créé un réseau pour contrer la radicalisation. Il y a une coopération avec les chefs de communautés. L'une des leçons tirées est le besoin de faire des avancées à l'échelle locale. Il faut créer un climat de confiance chez les communautés, il y a une ligne de dénonciation urgente qui permet aux familles de mettre les autorités au courant des signes de radicalisation, et nous agissons rapidement. Ce n'est pas un processus de délation mais il s'agit de protéger les enfants d'eux-mêmes et de les aider. Les premières victimes de ces événements sont les musulmans eux-mêmes", a-t-il souligné.